| |
Le programme de santé mentale en ligne
La santé mentale en période périnatale |
La grossesse : potentiel de croissance et vulnérabilité
La grossesse est souvent un moment d'excitation et de grande joie, ainsi qu'une période de changements immenses et de stress. La grossesse se caractérise par de nombreux changements dans la vie de la femme, autant dans son corps et ses hormones qu'au niveau de ses rôles, de son identité et de ses sentiments, pour n'en nommer que quelques-uns. Ces changements se produisent sur une période relativement courte. La femme enceinte a l'occasion de connaître un développement psychologique positif, mais elle est aussi particulièrement vulnérable à des problèmes de santé mentale.
Occasion de développement
La femme enceinte et la nouvelle mère ont l'occasion de développer :
- la capacité de prendre soin et d'assumer la responsabilité du bien-être de son enfant
- de la tolérance à l'égard de ses sentiments difficiles et de son ambivalence (qui sont des parties normales de la grossesse, de l'accouchement et de l'éducation des enfants)
- une identité plus stable
La grossesse et les premiers jours de la maternité peuvent aussi être une période où la femme :
- apprend à surmonter des sentiments pénibles qu'elle a encore par rapport à sa propre enfance
- apprend à apprécier et à comprendre les expériences de la maternité vécues sa propre mère
- acquiert un plus grand sentiment d'autonomie
Moment de vulnérabilité
Tout comme l'adolescence marque le passage de l'enfance à l'âge adulte, la grossesse marque la transformation de la femme : l'enfant de sa mère devient la mère de son enfant à venir. Durant cette transition, la femme est plus vulnérable aux problèmes de santé mentale. Entre autres, elle est plus sujette aux troubles de l'humeur et à l'anxiété, qu'ils soient nouveaux ou récurrents. Même les femmes qui n'ont jamais eu de maladie mentale sont plus à risque. Durant la période périnatale, les deux problèmes de santé mentale les plus courants sont la dépression et l'anxiété. De fait, 80 per cent des nouvelles mères connaissent le « baby blues ». De plus, si le taux de dépression à vie se situe à environ 20 pour cent pour les femmes, la majorité des épisodes en question surviennent durant leurs années fertiles.
Selon la définition clinique, la période périnatale débuterait durant la grossesse et se terminerait un mois après l'accouchement. En réalité, cependant, elle est généralement considérée comme la période allant de la grossesse jusqu'au 12 mois suivant l'accouchement.
Baby blues
Le baby blues, également appelé syndrome du troisième jour ou blues postpartum, est très courant, touchant jusqu'à 80 pour cent des nouvelles mères. Il s'agit de modifications de l'humeur qui se produisent en raison des fluctuations hormonales normales qui ont lieu pendant et après l'accouchement. Le blues survient dans les quelques jours suivant la naissance de l'enfant. La femme est souvent particulièrement émotive durant cette période; elle pleure, se sent irritable et a de la difficulté à dormir ou à se concentrer. Les symptômes se résorbent habituellement après quelques semaines.
Baby blues versus dépression postpartum
Alors que le baby blues touche jusqu'à 80 pour cent des nouvelles mères, la dépression postpartum est une affection bien plus sérieuse. Il s'agit en effet d'un épidose dépressif majeur qui devrait être traité par un professionnel de la santé. Si 70 pour cent des femmes se plaignent de symptômes de dépression, entre dix et 16 pour cent d'entre elles vivent une dépression postpartum réelle. Chez le tiers de celles-ci, il s'agit du premier épisode dépressif de leur vie. Les symptômes ressemblent beaucoup à ceux de n'importe quelle dépression, mais la femme touchée risque d'éprouver plus d'anxiété. Il faut aussi noter que le terme dépression postpartum est un peu erroné, car les symptômes débutent dès la grossesse chez beaucoup de femmes, et pas seulement lors du postpartum.
Description de la dépression postpartum
Les femmes aux prises avec la dépression postpartum éprouvent souvent les symptômes suivants :
- tristesse
- pleurs spontanés
- manque de plaisir lors des activités autrefois agréables
- irritabilité
- incapacité de dormir ou de faire des siestes – même si l'occasion de dormir est donnée
- manque d'énergie, de concentration et d'appétit
- anxiété par rapport à :
- la santé du bébé
- l'allaitement
- les questions financières
- son apparence physique
- fantasmes d'évasion (on désire s'enfuir, par exemple)
- regrets par rapport à la maternité (on souhaite ne pas avoir eu d'enfants)
- pensées noires ou suicidaires
- pensées violentes (on songe à nuire à son bébé)
Penser qu'on veut faire du mal à son bébé est très éprouvant pour les femmes. Nos croyances et notre image de la maternité n'admettent pas les difficultés que vivent beaucoup de femmes atteintes de dépression postpartum. Il est important de souligner que plus de 40 pour cent des femmes touchées ont ce genre de pensées violentes.
Si vous éprouvez ces symptômes, parlez à votre professionnel de la santé sans tarder. La dépression postpartum est une maladie sérieuse qui doit être traitée efficacement avec l'aide d'un professionnel.
Facteurs de risque de dépression périnatale
- antécédents de dépression ou d'anxiété
- symptômes de dépression ou d'anxiété durant la grossesse
- diagnostic antérieur de dépression postpartum
- diagnostic antérieur de trouble dysphorique prémenstruel
- ambivalence à l'égard de la grossesse
- manque de soutien social
- conflit conjugal
- événements stressants dans la vie
- solitude (vivre seule)
- liens sociaux de mauvaise qualité
- stress lié aux soins de l'enfant
- abus sexuel dans l'enfance
- irritabilité du nouveau-né
Psychose postpartum
Il existe aussi une affection rare mais très grave qui porte le nom de psychose postpartum. Elle touche environ une ou deux femmes sur 1000 et se déclare habituellement dans les quelques jours ou semaines suivant l'accouchement. Les symptômes apparaissent d'ordinaire rapidement et peuvent inclure les suivants :
- confusion
- comportements et pensées désordonnés
- délusions, telles que des fausses croyances à l'égard du bébé, de soi-même et du monde (p. ex., on craint excessivement pour la sécurité du bébé ou l'on songe à lui faire du mal)
- hallucinations (on entend ou voit des choses que les autres ne perçoivent pas)
- sommeil réduit
- changements de l'humeur – irritabilité/dépression/euphorie
Toute nouvelle mère qui éprouve des symptômes de pychose postpartum devrait consulter sans tarder un professionnel de la santé ou se présenter au service des urgences de l'hôpital le plus proche.
|