En avril 2011, Demandez à l’expert souhaite la bienvenue aux membres de l’équipe interprofessionnelle du programme The Journey to Become Smoke-Free, un programme de cessation du tabagisme offert par le Family Practice Health Centre du Women’s College Hospital :
Mary Novak, infirmière autorisée et chargée de cours dans le département de médecine familiale et communautaire de l’University of Toronto
La Dre Helen Batty, professeure, directrice, professions de la santé, MScCH en formation des enseignants, bourse de recherche spécialisée pour programmes de formation des enseignants cliniques, département de médecine familiale et communautaire, faculté de médecine, University of Toronto
Behnaz Abedi, diététiste agréée
Karen Burrell, travailleuse sociale
Le Family Practice Health Centre est une des plus grandes équipes vouées à la santé de la famille en Ontario, au service des personnes de tous âges. En 2008-2009, le programme interprofessionnel Journey to Become Smoke-Free s’est vu décerner un prix d’excellence en matière d’activités professionnelles créatives par le département de médecine familiale et communautaire de l’University of Toronto.
Voici leurs réponses à vos questions sur la cessation du tabagisme.
Q : Existe-t-il des programmes de traitement en établissement pour les fumeurs qui veulent arrêter ? Le concept serait le même que dans les centres de traitement de la toxicomanie ou de l'alcoolisme; les fumeurs auraient accès au soutien (comme le counseling) dont ils ont besoin pour arrêter tout au long du processus. De cette manière, la personne pourrait s'éloigner de son milieu et de son mode de vie habituels – avec tous les déclencheurs que cela comporte – pour recevoir du soutien pour passer la première semaine ou deux. J'aurai 69 ans cette année et je fume beaucoup depuis l'âge de 12 ou 13 ans, donc depuis très longtemps. Les effets secondaires possibles des médicaments antitabac me font plus peur que la mort elle-même, mais j'ai déjà essayé toutes les autres aides à la cessation concevables, comme l'hypnose, le traitement au laser, les timbres, la psychothérapie, le programme du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), etc. – tout cela en vain. J'ai toutes les raisons évidentes pour vouloir arrêter, même à mon âge, dont l'une – et non la moindre – est le fait que j'ai une MOPC qui s'aggrave depuis des années. De plus, j'ai eu le cancer deux fois depuis 10 ans. Je me crois capable de réussir (à arrêter), mais mon expérience me fait penser que j'aurais très besoin d'un soutien continu. D'où ma question. Merci.
R : J'adore votre question. Oui, on aimerait bien être transporté vers un endroit sécuritaire où la magie ferait son oeuvre... Imaginez qu'un miracle se produit et que demain vous vous levez libérée de l'emprise du tabac depuis très longtemps, ce serait comment pour vous ? Que feriez-vous de différent dans votre vie quotidienne ? Que feriez-vous en vous levant le matin ? Comment passeriez-vous la matinée ? L'après-midi ? Avec qui passeriez-vous votre temps ? Comment géreriez-vous le stress ? Que feriez-vous pour vous détendre et vous amuser ?
Faites-vous ces choses actuellement ? Comment pourriez-vous en faire plus dès maintenant ?
L'hospitalisation oblige le patient à se priver de tabac et l'aide à surmonter les effets du sevrage pendant les deux premières semaines. Mais le sevrage de la nicotine n'est qu'un seul des trois facteurs associés à la cessation du tabagisme. Voux pensez avoir réussi, mais une fois rentré chez vous, toutes les choses qui déclenchent l'envie de fumer sont là. C'est la pratique qui favorise le succès, mais vous n'avez pas pratiqué à vivre sans tabac chez vous. Tout vous rappelle les cigarettes que vous fumiez dans ce fauteuil ou sur ce divan en lisant le journal ou en parlant au téléphone... Durant votre séjour à l'hôpital, vous avez appris à vivre sans tabac dans un milieu contrôlé, mais c'était plus facile parce que vous n'y aviez jamais fumé. Renseignez-vous sur les autres facteurs en jeu et tenez-en compte dans votre cheminement. Que pourriez-vous changer ? Pourriez-vous aller marcher plus souvent sans fumer ? Pourriez-vous aller à la bibliothèque pour faire vos lectures là où la cigarette est interdite ? Pourriez-vous visiter des amis non-fumeurs qui ne permettent pas qu'on fume chez eux ?
Vous avez travaillé fort et acquis de la détermination. Chacune des approches que vous avez mentionnées vous a appris quelque chose. Qu'est-ce qui a marché ? La plupart des gens qui arrêtent de fumer le réussissent grâce aux connaissances acquises lors de chaque tentative, et la majorité commence à arrêter dès la permière cigarette fumée. Vous êtes-vous déjà dit : « Je ne vais jamais fumer beaucoup » ?
Vous dites que les effets secondaires des médicaments vous effraient davantage que la mort elle-même… Je me demande d'où vient cette peur intense ? La cigarette contient 4 700 produits chimiques (drogues). En quoi ces 4 700 drogues sont-elles moins dangereuses que les médicaments antitabac que vous craignez tant ? Les médicaments en question ne contiennent pas plus de deux ou trois composantes. Aucun ne contient 4 700 drogues comme la cigarette. Les médicaments sur ordonnance sont plus sûrs que les produits chimiques présents dans la cigarette, surtout lorsqu'ils sont prescrits pour votre problème particulier et que les effets sont suivis par un médecin digne de confiance. Le programme de cessation du tabagisme du CAMH est dirigé par le Dr Selby, une des principales autorités en ce qui a trait à ces médicaments. De plus, les plus récents groupes de soutien du CAMH proposent un suivi et un soutien à très long terme.
Les médicaments antitabac n'existent que depuis 1986 environ. Avant l'arrivée de ces produits, 75 pour cent des personnes qui ont réussi à cesser de fumer l'ont fait sans l'aide de médicaments. Est-ce une option pour vous en ce moment ?
Cela pourrait aussi être utile d'aller passer un mois chez un proche qui ne fume pas.
Les vacances sont un bon moment pour vaincre la cigarette, parce que vous êtes loin de votre milieu habituel. Mais dès votre retour, vous devrez être préparée à composer avec vos envies de fumer et à employer un plan de match pour les surmonter.
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Q : Existe-t-il des approches que vous recommandez pour faciliter la communication avec un proche qui fume ? Quels mots d'encouragement devrais-je employer ? J'ai juste envie de dire à mon frère : « Pourquoi tu n'arrêtes pas ?! », mais je reconnais que ce n'est pas une bonne approche.
R : Il y a vingt-cinq ans, la société ne savait pas comment aider les gens à arrêter de fumer; de fait, on prescrivait la cigarette pour la perte de poids et la maîtrise du stress avant que les méfaits du tabac soient reconnus. Ensuite, les professionnels de la santé ont commencé à mettre l'accent sur la promotion d'une vie sans tabac. Depuis 25 ans, le pourcentage de la population qui fume est passé de 27 à 20 pour cent. Fumer est encore légal, mais les endroits où l'on peut le faire légalement sont beaucoup moins nombreux. Cela a aidé beaucoup de personnes à comprendre qu'elles peuvent vivre sans la cigarette dans certains endroits, et c'est un bon début.
Le premier défi consiste pour nous tous à apprendre à dialoguer avec les fumeurs (pour les mêmes raisons que vous) et à entretenir de bonnes relations. Tous les fumeurs songent à arrêter dès la troisième cigarette fumée : ils jurent d'écraser pour de bon avant d'atteindre un certain âge ou de voir leur état de santé se dégrader. Toutefois, savoir qu'il faut faire quelque chose et le faire pour de vrai sont deux choses différentes.
La clé de toute bonne relation réside dans la compassion. Vous pourriez commencer par exprimer votre inquiétude sincère et votre désir d'avoir votre frère dans votre vie, en employant des mots qui le mettront à l'aise. La première étape consiste à lui permettre de parler en sécurité de ses sentiments et de son plan pour arrêter (tous les fumeurs en ont un). La deuxième étape consiste à soutenir son plan avec compassion et à lui offrir votre aide en tout temps. Si l'humour fait partie de vos rapports avec votre frère, il pourrait être utile d'en faire usage si cela est susceptible de l'inciter à arrêter et non à se détourner de vous.
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Q : Si j'utilise des timbres ou de la gomme à la nicotine pour cesser de fumer, est-ce que j'en deviendrai dépendant au lieu d'être dépendant de la cigarette ?
R : C'est une question de peser les risques contre les bienfaits.
Sachez que la fumée de tabac contient 4 700 produits chimiques, dont l'arsenic, le cyanure, le mercure, le DDT, le formaldéhyde, l'uréthanne, le plomb et le monoxyde de carbone, pour n'en mentionner que quelques-uns. Évidemment, la nicotine, une drogue qui influence l'humeur, fait partie de la liste aussi. Elle aide les gens à « se sentir mieux », à « se calmer », à « se déstresser », à « penser plus clairement », à « se sentir en compagnie d'un ami » et à « s'évader ». La nicotine n'est pas considérée comme nocive elle-même, mais c'est votre envie d'elle qui vous fait inhaler les 4 699 autres produits chimiques.
La dépendance à la nicotine n'est qu'une seule des raisons pour lesquelles les gens éprouvent des difficultés durant la période de sevrage, mais c'est l'inconfort associé au sevrage que les gens reconnaissent le plus souvent. Il existe des produits de substitution efficaces qui aident à surmonter le sevrage, dont le timbre transdermique et la gomme.
Pour obtenir de la nicotine en fumant, une personne doit inhaler 4 699 autres produits chimiques dans la fumée. La quantité de produits chimiques absorbés dépend de la fréquence, de la durée et de la profondeur des inhalations. Plus on veut de la nicotine, plus on doit inhaler les autres produits chimiques. Contrairement à la nicotine, on croit que les 4 699 produits chimiques ne créent pas de dépendance, ce qui veut dire qu'il ne manque pas à l'organisme quand ils sont absents.
Si le timbre ou la gomme empêchait une personne de tirer même une seule autre fois sur sa cigarette, il pourrait être préférable que la personne en soit dépendante, même pour le reste de sa vie, afin de continuer à vivre sans tabac. Pour le reste de sa vie, oui, mais pas forcément tous les jours. Une fois que vous aurez réussi à vivre quotidiennement comme non-fumeuse, vous pourriez choisir de n'utiliser le timbre ou la gomme que lors des moments difficiles où l'envie de fumer revient avec force. Les rechutes ont lieu lorsque l'ancien fumeur se trouve dans une situation qu'il avait toujours connue en tant que fumeur seulement. Si vous savez qu'une telle situation s'en vient, le fait de mettre le timbre avant que cela se produise pourrait vous aider à éviter une rechute.
Si vous arrêtez de fumer d'un coup, votre corps mettra deux ou trois semaines à se débarrasser de la nicotine, ce qui veut dire que ce n'est pas le manque de cette drogue qui crée votre inconfort au début. Pendant ces semaines, on est aussi en train de changer des habitudes et des comportements sociaux. Beaucoup de personnes trouvent donc qu'il est plus facile de surmonter cet obstacle en se servant d'un substitut de la nicotine jusqu'à ce qu'elles s'habituent à vivre sans tabac au quotidien; elles peuvent ensuite se sevrer tranquillement du substitut à leur propre rythme. Chaque fois que vous réduirez la dose de votre substitut de la nicotine, vous devrez vous attendre à éprouver les symptômes physiques d'un sevrage moins intense. Il n'y a pas lieu de précipiter l'abandon des substituts si ceux-ci vous empêchent de fumer.
C'est vous qui choisirez le chemin qui vous mènera à une vie sans tabac.
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Q : Quelles sont les différences entre les médicaments qu'on prescrit pour aider les gens à cesser de fumer ? Le Zyban et le Champix ont-ils des modes d'action différents ? Peut-on les utiliser ensemble ? Existe-t-il d'autres médicaments utiles ?
R : Le Zyban et le Champix font partie d'une classe de médicaments qui agissent sur l'humeur. Les gens fument parfois pour « se sentir bien ». Autrement dit, ils utilisent la nicotine comme antidépresseur ou anxiolytique, d'où le choix d'un antidépresseur sous forme de pilule que font certaines personnes pour arrêter de fumer. Beaucoup de personnes n'aiment pas l'idée de prendre un médicament sur ordonnance, mais si cela permet de traiter leur problème plus efficacement et avec moins de risques que l'inhalation de 4 699 autres produits chimiques, c'est une option à envisager pour certaines personnes. Je le réitère : 4 700 produits chimiques sans ordonnance ne constituent pas une meilleure option.
Certaines personnes utilisent à la fois un antidépresseur et des substituts de la nicotine. Ces outils agissent de manière différente, et on peut s'en servir en même temps sans danger.
Lorsque les substituts de la nicotine sont arrivés sur le marché, ils devaient être prescrits par un médecin, mais on en a vite autorisé la vente libre parce que les risques étaient beaucoup moindres que ceux associés au tabagisme.
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