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Le remplacement total des articulations

En octobre 2011, Demandez à l'expert souhaite la bienvenue à la Dre Cory Borkhoff, titulaire d'une bourse de recherche postdoctorale au Women’s College Research Institute. Envisagez-vous de faire remplacer une articulation par la chirurgie, ou voulez-vous simplement en savoir plus ? Avez-vous des questions sur l'intervention et quand elle est nécessaire ? Voulez-vous savoir ce qu'on fait exactement et ce en quoi consiste le rétablissement ?

Lisez les réponses de la Dre Borkhoff à vos questions sur le remplacement total des articulations. 


Q : Où en sont la recherche sur la chirurgie arthroscopique et les preuves de son succès avant l'arthroplastie totale ? Est-ce que l'arthroplastie totale est inévitable après la chirurgie arthroscopique ?

R : La chirurgie arthroscopique est une intervention orthopédique utilisée pour diagnostiquer et traiter les problèmes dans les articulations. Le terme « arthroscopie » est dérivé de deux mots grecs : « arthro » qui veut dire articulation et « scope » qui veut dire regarder. Ainsi, la chirurgie arthroscopique consiste à regarder à l'intérieur d'une articulation pour diagnostiquer et, espérons-le, traiter le problème. Même s'il est possible de faire une chirurgie arthroscopique sur n'importe quelle articulation, le genou est de loin le plus couramment opéré des articulations portantes des membres inférieurs (hanche, genou et cheville). Il est possible de faire la chirurgie arthroscopique avec un anesthésique général, régional ou local. La chirurgie arthroscopique du genou consiste à effectuer une petite incision (un centimètre environ) dans le genou et à insérer une petite caméra et des instruments pour réparer ou enlever des structures endommagées via une ou plusieurs autres petites incisions.

Il n'est pas possible de traiter efficacement toutes les causes de la douleur dans le genou avec la chirurgie arthroscopique. Entre autres, cette forme de chirurgie est indiquée pour réparer ou enlever une portion du cartilage méniscal de l'articulation du genou pour soulager les symptômes d'une déchirure. Situé entre les bouts des os, le ménisque est une tranche de cartilage qui absorbe les chocs et qui sert de soutien et de coussin. Le couvercle de l'os à l'intérieur de l'articulation et le ménisque sont tous deux faits de cartilage, ce qui complique un peu la question. Les gens disent souvent « cartilage » pour désigner le ménisque (tranche de cartilage entre les os) ou la surface de l'articulation (cartilage articulaire qui recouvre le bout de l'os). Le chirurgien a deux options : tailler ou enlever le ménisque déchiré ou encore réparer le ménisque en rejoignant les bords déchirés du tissu méniscal afin qu'ils guérissent à leur place naturelle, restaurant ainsi l'anatomie normale du genou.

Beaucoup de déchirures méniscales, surtout les chroniques, peuvent être traitées sans chirurgie grâce à la physiothérapie, y compris des exercices pour renforcer les muscles autour du genou, aux médicaments anti-inflammatoires et aux injections de cortisone. Les déchirures méniscales qui causent des « symptômes mécaniques » ont tendance à répondre le mieux à la réparation ou à l'ablation chirurgicale. Un symptôme mécanique se produit lorsqu'un morceau du ménisque déchiré empêche directement le mouvement normal du genou. Les symptômes mécaniques courants comprennent le blocage du genou (impossibilité de le plier), l'incapacité de redresser complètement le genou et un son ou une sensation d'éclatement ou de cliquètement dans le genou. Le taux de réussite de la réparation des ménisques se situe entre 60 et 80 pour cent et dépend de deux facteurs :

  1. la réparation est effectuée sur une déchirure méniscale située près du bord externe du ménisque dans une région bien irriguée de sang;
  2. le patient respecte les consignes de la réadaptation post-opératoire.

Les patients souffrant d'ostéoarthrite du genou répondent bien à la chirurgie arthroscopique lorsque leurs symptômes sont principalement causés par du cartilage déchiré ou lâche et qu'ils éprouvent les symptômes mécaniques mentionnés ci-dessus. Mais il est improbable que l'inconfort généralisé causé par l'ostéoarthrite du genou s'améliorera grâce à l'arthroscopie. Il est crucial de déterminer la source de l'inconfort pour pouvoir prévoir le résultat de la chirurgie pour ce problème. Pour le faire, il faut un historique médical complet, un examen physique exhaustif et une IRM pour aider le chirurgien à visualiser les ménisques.

La chirurgie arthroscopique du genou s'est trouvée dans le collimateur du public en 2002 lorsqu'un article publié dans le New England Journal of Medicine laissait entendre que cette intervention ne valait pas mieux qu'une chirurgie placebo pour le traitement de l'ostéoarthrite du genou. Lors de l'étude en question, 180 patients d'un hôpital au Texas ont été répartis en trois groupes. Un groupe a subi une chirurgie arthroscopique du genou qui a permis de « nettoyer » le genou; le deuxième groupe a subi un lavement du genou avec une solution saline, alors que le troisième n'a fait l'objet d'aucune intervention, c'est-à-dire une chirurgie placebo. Chose intéressante, tous les patients ont constaté une amélioration après le traitement, même ceux du groupe placebo. Les résultats indiquaient aussi qu'il n'y avait pas de différence entre les résultats des trois groupes. Plusieurs chirurgiens orthopédiques ont critiqué cette étude parce qu'un grand nombre des patients ne présentaient pas de symptômes mécaniques (décrits typiquement par les patients comme une sensation de blocage, un relâchement ou un éclatement douloureux) et, comme tels, n'étaient pas des candidats viables à la chirurgie arthroscopique. Cela m'amène à la réponse à votre deuxième question : non, l'arthroplastie totale du genou n'est pas inévitable à la suite de la chirurgie arthroscopique. Tant que celle-ci est pratiquée pour les bonnes raisons, elle réussit dans la plupart des cas.

Référence
Moseley JB, O'Malley K, Petersen N, Menke TJ, Brody BA, Kuykendall DH, Hollingsworth JC, Ashton C M, Wray NP.  A controlled trial of arthroscopic surgery for osteoarthritis of the knee. N Engl J Med 2002;347:81–8.

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Q : Les os de mon genou gauche se frottent l'un contre l'autre vers l'extérieur de l'articulation depuis plus de deux ans. Le côté intérieur du genou gauche semble être bien. Mon orthopédiste m'a dit qu'il ne croyait pas à l'arthroplastie partielle, donc j'ai rendez-vous pour une arthroplastie totale en janvier. Il m'a affirmé que cette chirurgie était plus difficile à faire et que j'aurais une cicatrice de 25 centimètres et une cicatrice demi-lune du côté droit du genou, ainsi qu'une bosse du côté gauche, probablement. Cette nouvelle m'a étonnée, et tout cela me semble horriblement défigurant. Il n'a pas parlé du taux de succès, donc j'ai peur. J'ai entendu des histoires cauchemardesques par rapport à la douleur, aux infections et à la physiothérapie. Et si la chirurgie était un échec ? J'ai peur de passer par tout cela et de connaître peu ou pas d'amélioration. Mon genou est dans un piètre état. Je suis incapable de marcher longtemps ou de danser et mon équilibre n'est pas bon, mais je crois que la situation est pire dans ma hanche droite. Je souffre d'une bursite impitoyable depuis au moins huit ans pour laquelle j'ai déjà suivi une physiothérapie, donc je me demande si je devrais subir l'arthroplastie totale du genou. Quel est le taux de succès de la chirurgie ? Comment puis-je surmonter ma peur de me faire insérer du plastique et du métal dans le genou et mon angoisse à l'égard des horreurs de la physiothérapie ? Y a-t-il d'autres choses que je peux faire pour ma hanche à part la physiothérapie ? Elle me dérange davantage que mon genou. Merci beaucoup pour vos réponses.

R : Le fait que les os de votre genou gauche se frottent et que vous soyez incapable de marcher loin, de danser ou de maintenir un bon équilibre me fait penser que votre ostéoarthrite est grave et que vous êtes une bonne candidate à l'arthroplastie totale du genou. Cette chirurgie est le traitement reconnu pour les cas d'ostéoarthrite modérés à graves lorsque les thérapies médicales ne réussissent plus à contrôler adéquatement la douleur et/ou lorsque le fonctionnement physique baisse à un point qui est inacceptable pour la patiente. Chaque année, environ 60 000 Canadiens subissent une arthroplastie totale de la hanche ou du genou (implantation d'une articulation artificielle faite de pièces de plastique et de métal). La majorité (90 pour cent) connaît une réduction substantielle et durable de la douleur articulaire et une amélioration du fonctionnement physique et de la qualité de vie. De fait, l'arthroplastie totale figure parmi les interventions médicales ou chirurgicales qui donnent les meilleurs résultats par rapport à la qualité de vie. Environ 89 patients sur 100 constatent que leur douleur disparaît complètement une fois que la convalescence post-opératoire est terminée. Cela veut dire que 11 personnes sur 100 ont encore de la douleur, mais une seule d'entre elles affirme que la douleur demeure intense.

Il me semble que votre chirurgien vous a fait une bonne recommandation et que vous avez déjà décidé de subir la chirurgie, puisque vous avez un rendez-vous en janvier. Si vous avez encore des réserves par rapport à la chirurgie, il est important que vous en discutiez avec votre chirurgien. Votre décision doit tenir compte de plusieurs choses : l'impact de la douleur sur votre vie, les bienfaits procurés par les traitements non chirurgicaux et ce que vous voulez faire pour améliorer la situation. Si vous acceptez de vous faire opérer sans tarder, vous aurez les meilleures chances de profiter d'un bon fonctionnement articulaire grâce au genou artificiel. Même si l'arthroplastie totale ne donne pas de résultats permanents, il est important de savoir que le taux de reprise chirurgicale (nécessité d'une deuxième opération pour remplacer le genou) est faible. Chez 96 personnes sur 100, le genou artificiel dure au moins 15 ans; chez 82 personnes sur 100, il dure au moins 23 ans. Les genous artificiels ont tendance à s'user plus rapidement chez les personnes en surpoids, les personnes plus actives et les personnes plus jeunes. Si vous faites remplacer votre genou sans tarder, vous aurez peut-être besoin d'une deuxième chirurgie plus tôt. C'est pour cette raison que certains chirurgiens conseillent aux personnes dans la cinquantaine de reporter la chirurgie le plus longtemps possible. Le risque de complications sérieuses – caillots sanguins ou infection profonde dans l'articulation – est inférieur à un pour cent. Toutes les chirurgies comportent un risque de décès (une personne sur 200 après l'âge de 65 ans) causé par des complications liées à l'anesthésie, des caillots sanguins dans les poumons ou d'autres causes.

La durée de la convalescence varie d'une personne à l'autre après l'arthroplastie totale du genou. Vous aurez peut-être encore de la douleur articulaire durant les six premiers mois, mais elle s'atténuera au fil du temps. Pour la plupart des patients, la chirurgie soulage la douleur et restaure le mouvement normal, mais il faut du temps et des efforts pour en arriver là. Un physiothérapeute d'expérience pourra vous aider. Vous aurez probablement un physiothérapeute qui se spécialise dans le traitement des personnes ayant subi une arthroplastie totale du genou ou de la hanche. De plus, on vous aidera à gérer votre douleur de manière appropriée tout au long de votre convalescence. En ce qui concerne la longueur de la cicatrice, elle dépendra de la technique chirurgicale employée et de la grosseur de votre jambe (plus elle est grosse, plus la cicatrice sera longue). Au lieu de vous inquiéter de la longueur de la cicatrice, essayez de penser à ce que votre chirurgien va faire à vos muscles et tendons en dessous de votre peau afin de soulager votre douleur et d’améliorer votre fonctionnement. 

Ma réponse ne serait pas complète si je n'abordais pas la question de l'arthroplastie partielle du genou. Celle-ci suscite de l'intérêt parce qu'elle permet d'effectuer une incision plus petite, et la période de convalescence est moins longue. Toutefois, l'arthroplastie partielle ne convient qu'aux personnes dont l'ostéoarthrite est confinée à une région limitée du genou. Si l'arthrite est répandue, la chirurgie partielle n'est pas appropriée et ne doit pas être envisagée. Chez la plupart des patients qui ont recours à la chirurgie, l'ostéoarthrite est trop avancée pour que l'intervention partielle minimalement invasive soit indiquée. Si l'arthroplastie partielle est effectuée chez une patiente qui n'est pas une bonne candidate, le risque d'échec est élevé, et la patiente pourrait avoir besoin de subir une arthroplastie totale du genou, qui serait alors plus difficile à effectuer.

Je suis très désolée d'apprendre que votre hanche droite vous fait souffrir autant que l'ostéoarthrite dans votre genou gauche. Comme vous le savez sans doute, la douleur dans votre hanche droite pourrait avoir contribué à l'aggravation de l'ostéoarthrite dans votre genou gauche. Souffrir de bursite dans la hanche pendant huit ans, c'est long, et cela explique pourquoi vous ne voulez plus endurer de la physiothérapie. Consultez-vous actuellement un physiothérapeute pour votre bursite ? Consultez-vous le même physio depuis huit ans ? Si oui, vous voudrez peut-être songer à vous faire traiter par un autre physiothérapeute. Il est important que votre physiothérapeute détienne une licence et les compétences nécessaires. Un nouveau physio pourrait vous permettre de vivre une meilleure expérience de la physiothérapie.

Le traitement de la bursite de la hanche vise à maîtriser l'inflammation causée par cette affection. Cela consiste à se reposer, à prendre des anti-inflammatoires et à appliquer de la glace sur la zone touchée trois fois par jour pendant 20 minutes pour soulager les symptômes. La glace est particulièrement utile après l'activité physique pour réduire l'inflammation et stimuler la circulation sanguine vers la zone blessée. La plupart des patients qui suivent fidèlement le traitement constatent une amélioration après six semaines environ. La physiothérapie est considérée comme un traitement d'appoint dans les cas de bursite de la hanche. Un physiothérapeute qualifié peut recommander un programme d'étirements et d'exercices appropriés, en plus d'avoir recours à des techniques comme les ultrasons lorsque c'est utile. La plupart des patients trouvent un soulagement grâce aux étirements visant les muscles et les tendons situés sur le côté extérieur de la hanche, spécifiquement la bandelette de Maissiat. 

Puisque vous souffrez de bursite de la hanche depuis huit ans, vous auriez peut-être intérêt à vous faire réexaminer par votre médecin. C'est l'examen physique qui permet de diagnostiquer le plus fiablement la bursite de la hanche. Votre médecin voudra peut-être faire une IRM si votre diagnostic n'est pas clair ou si votre problème n'est pas réglé par le traitement. Si une quantité importante de liquide s'est accumulée à l'intérieur de la bourse, votre médecin choisira peut-être d'insérer une aiguille afin d'en extraire le liquide. Ou il pourrait vous proposer une injection de cortisone dans la bourse dans l'espoir de soulager votre douleur. Si vous consultez un chirurgien orthopédiste pour discuter de la possibilité de faire une arthroplastie totale du genou, il ou elle pourra aussi vous aider à traiter votre bursite.  

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Q : J'ai entendu parler de nouveaux produits améliorés qui pourraient rendre le remplacement chirurgical du genou accessible aux patients plus jeunes, soit dans la cinquantaine. Qu'en savez-vous ? Mon chirurgien m'a dit que j'étais trop jeune pour l'option chirurgicale, car il est d'avis que je « compose » bien avec mon problème; il m'a conseillé de rester active et de perdre du poids. Lorsque je marche, la douleur est au maximum. L'exercice est devenu problématique, donc mon poids ne cesse d'augmenter. La randonnée, le camping et le ski de fond font partie du passé. Je souffre d'ostéoarthrite intense dans le genou droit et d'arthrite importante dans l'autre. Il y a des indices subtils d'arthrite dans mon pouce et ma cheville gauches. J'ai 52 ans, je mesure 157 cm et pèse 95 kg. Le poids est donc un problème pour moi.

R : Beaucoup de chirurgiens orthopédistes recommandent aux personnes dans la cinquantaine d'attendre le plus longtemps possible avant de subir une arthroplastie totale du genou. Ces chirurgiens veulent éviter que ces personnes aient besoin de se faire remplacer de nouveau le genou plus tard dans la vie (on parle dans un tel cas de reprise chirurgicale). Environ quatre personnes sur 100 ont besoin d'une deuxième arthroplastie totale dans les 15 ans suivant la première chirurgie. Ce chiffre augmente pour les personnes plus pesantes, plus jeunes ou plus actives. Lorsque le genou est remplacé une deuxième ou une troisième fois, les résultats risquent de ne pas être aussi bons que lors de la première chirurgie. Il peut y avoir des pertes importantes de tissus osseux et des dommages aux muscles et aux ligaments entourant l'articulation qui font en sorte que le chirurigien a plus de difficulté à bien installer le nouvel implant artificiel lors de chaque chirurgie subséquente. Autrement dit, lors de chaque chirurgie subséquente, le chirurgien dispose de moins de matériel (c'est-à-dire vous) pour effectuer l'opération.

Le report de la chirurgie est une option logique pour les personnes qui réussissent encore à gérer leur douleur et à faire ce qu'elles veulent faire. Cependant, le niveau de douleur que vous décrivez peut décourager l'activité physique et affaiblir les muscles. Lorsque cela arrive, les gens risquent d'avoir plus de difficulté à suivre le programme de réadaptation à la suite d'une éventuelle arthroplastie du genou ultérieure. L'amélioration risque donc d'être moins considérable à la suite de la chirurgie, et l'état de santé général de la patiente peut se détériorer. Ainsi, il est très important de rester actif. Et il ne faut pas attendre trop longtemps, car nous savons que les personnes qui se font opérer lors d'un stade plus avancé de la maladie ne connaissent pas autant de bienfaits du remplacement total du genou que les personnes atteintes d'une déficience moins prononcée. Vous voudrez peut-être consulter annuellement votre chirurgien othopédiste pour réévaluer l'impact de la douleur dans votre genou sur votre vie, l'efficacité des traitements non chirurgicaux et les mesures que vous souhaitez prendre pour améliorer la situation.

Entretemps, il existe des ressources qui pourront vous aider à trouver d'autres options pour mieux vivre avec l'ostéoarthrite dans votre genou. Le Multidisciplinary Osteoarthritis Program du Women's College Hospital propose aux patientes des évaluations approfondies personnalisées pour les aider à participer à tous les aspects de leurs soins. Les patientes en apprennent plus sur les options de traitement et les stratégies susceptibles de les aider à gérer les symptômes de l'ostéoarthrite grâce à l'accès à une équipe de professionnels spécialisés. Un programme personnalisé complet est développé avec la patiente afin de promouvoir un style de vie sain et actif. Il faut une recommandation de la part de son médecin pour y être accepté. Visitez le site Web pour en savoir plus et pour télécharger le formulaire d'aiguillage : http://www.womenscollegehospital.ca/programs-and-services/bone-health/osteoarthritis-program419.

La Société de l'arthrite (http://www.arthritis.ca/) est une autre ressource précieuse qui offre des occasions de traitement et d'éducation dans les communautés. La plupart de ses programmes sont gratuits ou très abordables. La Société de l'arthrite offre un programme appelé Programme d'initiative personnelle contre l'arthrite (PIPA) qui consiste en sessions hebdomadaires de deux heures sur une période de six semaines. Chaque programme compte habituellement entre huit et 14 personnes et est dirigé par une paire de leaders volontaires qui souffrent eux-mêmes d'arthrite. Dans le cadre de son programme de réadaptation et d'éducation, la société propose aussi des programmes spécialisés incluant une évaluation personnalisée par un physiothérapeute, un ergothérapeute et/ou un travailleur social ayant suivi une formation avancée en matière de traitement de l'arthrite. Tous les programmes sont conçus pour vous apprendre des exercices visant à réduire les raideurs, à améliorer le conditionnement physique, à maîtriser la douleur et la fatigue, à rester au courant des médicaments et des appareils médicaux et de mieux comprendre l'impact émotionnel de l'arthrite. 

Pour prendre rendez-vous pour une évaluation ou en savoir plus sur le Programme d'initiative personnelle contre l'arthrite, appelez la ligne d'information sans frais au 1-800-321-1433 ou envoyez un courriel à l'adresse info@on.arthritis.ca.

Vous mentionnez que l'exercice est devenu problématique pour vous. Après une évaluation personnalisée, on vous conseillera sans doute d'essayer des exercices sans impact qui ne vous obligent pas à supporter votre poids, tels que le vélo (à l'intérieur ou à l'extérieur), l'aérobie aquatique, la natation, les étirements et/ou les exercices de flexibilité. Mais assurez-vous de ne pas vous exténuer et d'avancer à votre rythme.

Vous mentionnez avoir entendu parler de produits de remplacement du genou qui rendraient la solution chirurgicale accessible aux patients plus jeunes. Je ne suis pas certaine à quoi vous faites allusion. Une possibilité réside dans le recours à la robotique en combinaison avec la chirurgie assistée par ordinateur. Ces outils à la fine pointe de la technologie donnent au chirurgien des images en 3D. Cette visibilité accrue aide à orienter l'installation des composantes des prothèses et à aligner plus précisément l'implant artificiel en fonction de la structure du corps du patient, ce qui permet un positionnement optimal. La chirurgie assistée par ordinateur est « active » (un robot chirurgical est utilisé) ou « passive » (l'ordinateur n'effectue pas de manœuvres chirurgicales mais aide au positionnement des instruments). Lorsque l'implant est positionné avec le plus de précision possible, le risque de reprise chirurgicale diminue. Comme je l'ai déjà mentionné, l'arthroplastie totale du genou conventionnelle dure habituellement de 15 à 20 ans. Selon certains, grâce à la chirurgie assistée par ordinateur, le genou artificiel pourrait durer jusqu'à 30 ans. Grâce à la longévité accrue de l'implant initial, ces nouvelles technologies de pointe pourraient permettre aux patients plus jeunes d'avoir accès à l'arthroplastie totale du genou. Cependant, ces technologies sont relativement nouvelles et n'ont été approuvées par Santé Canada qu'en 2004. Et les données importantes sur la fonction, la satisfaction et la survie ne seront disponibles que dans cinq à dix ans. Même si cette technologie est utilisée dans certains hôpitaux canadiens, on semble y avoir recours seulement pour les chirurgies les plus complexes, qui ne sont pas très nombreuses. En attendant d'autres données, l'Ontario Health ComTechnology Assessment Committee a conclu qu'il n'y avait pas encore assez de données probantes concernant les résultats à long terme de l'arthroplastie totale assistée par ordinateur pour la recommander.

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Q : En 2009, on m'a dit que j'avais besoin de faire remplacer mon genou droit. Plus tard dans la même année, mon nerf L5 a été écrasé par une hernie discale grave entre les vertèbres L4 et L5 qui a causé immédiatement un pied tombant. Les muscles contrôlés par ce nerf ne sont pas fonctionnels, mais je demeure mobile et indépendante grâce à un appareil orthopédique pour le pied, et je fais de l'aérobie aquatique et du Pilates. Cependant, mon problème de genou s'est aggravé considérablement depuis la hernie discale et je viens de recevoir ma première injection de cortisone, donc la douleur a disparu pour le moment. J'envisage sérieusement de subir une arthroplastie totale du genou. Ma question est la suivante : quelle est votre expérience de cette chirurgie chez les patients ayant un pied tombant ? Je me préoccupe non seulement de la durée du rétablissement, mais aussi de la possibilité que le résultat soit pire que la situation actuelle. Y a-t-il d'autres thérapies recommandées ?

R : Si l'on vous a dit en 2009 que vous aviez besoin d'une arthroplastie totale du genou, cela me laisse croire que l'ostéoarthrite dans votre genou est assez grave. Il est important que tous les candidats à la chirurgie renforcent les muscles entourant le genou avant la chirurgie afin d'améliorer leurs chances de connaître tous les bienfaits de l'arthroplastie. Cela est plus important encore pour les personnes aux prises avec une faiblesse musculaire causée par un pied tombant. Comme la cortisone a éradiqué votre douleur temporairement, le moment est propice pour travailler au renforcement des muscles entourant votre genou droit. Si vous vous donnez le temps d'accroître votre force musculaire avant la date prévue de votre chirurgie, vous aurez plus de chances d'en connaître tous les bienfaits possibles. Puisque vous vous débrouillez plutôt bien avec votre pied tombant (vous êtes mobile et indépendante, utilisez un appareil orthopédique et faites de l'exercice), vous connaîtrez probablement un résultat satisfaisant, mais votre rétablissement sera plus lent. La faiblesse musculaire causée par le pied tombant ralentira la récupération de votre équilibre et de votre proprioception (perception de la position des différentes parties du corps relativement aux autres et de l'ampleur de l'effort requis pour les faire bouger). Ainsi, les exercices de renforcement avant la chirurgie sont essentiels pour vous aider à commencer votre rétablissement à partir d'une meilleure base.

Vous mentionnez que votre problème de genou s'est aggravé depuis votre hernie discale. Avez-vous songé à vous faire opérer pour régler le problème sous-jacent causant votre pied tombant (une intervention chirurgicale pour enlever le disque et « décompresser » le nerf) ? Il est possible que la douleur croissante dans votre genou soit causée par de la douleur résiduelle associée à votre problème de dos qui descend le long de votre jambe. Si c'est le cas, le remplacement de votre genou pourrait ne pas soulager la douleur dans votre genou. Il pourrait donc falloir que vous fassiez traiter cette douleur résiduelle. Un chirurgien se spécialisant dans la colonne vertébrale ou un neurochirurgien pourra vous conseiller. À ce stade, la chirurgie pour enlever le disque n'aurait pas pour objectif de corriger le pied tombant, mais d'empêcher l'irradiation de la douleur vers les jambes.

Je vous recommande de trouver un bon physiothérapeute pour vous montrer des exercices pour renforcer les muscles autour de votre genou, du bas de votre dos et de votre abdomen. On vous encouragera à vous étirer et à accroître la souplesse de votre colonne et de vos jambes. Un physiothérapeute pourra aussi vous apprendre à maintenir une bonne posture et à utiliser des techniques appropriées pour soulever des objets et marcher. Je vous invite à lire ma réponse à la question 3 ci-dessus et à envisager une évaluation personnalisée dans le Multidisciplinary Osteoarthritis Program du Women's College Hospital ou avec un thérapeute de la Société d'arthrite.

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Q : Je suis une femme de 56 ans qui souffre d'ostéoporose et d'ostéoarthrite dégénérative dans la hanche droite. Mon médecin de famille ne semble pas prendre mes souffrances au sérieux; il me dit que je suis trop jeune pour l'arthroplastie totale de la hanche et que le traitement habituel repose sur la maîtrise de la douleur. Je suis active depuis toujours, mais je trouve cela de plus en plus difficile. Je persévère malgré ma douleur à l'aide d'antidouleurs afin de maintenir mon style de vie actif. J'ai enfin convaincu mon médecin de m'envoyer en consultation avec un chirurgien orthopédique, mais je dois attendre un an avant mon rendez-vous. Je me sens complètement frustrée. Ma qualité de vie se détériore, ainsi que ma vie sexuelle. Existe-t-il d'autres traitements que je pourrais essayer en attendant (massothérapie ou acupuncture, par exemple) ? J'ai déjà essayé la physiothérapie, mais avec peu de succès.

R : Je vous félicite d'avoir poussé votre médecin à vous adresser enfin à un chirurgien orthopédique. Mais vous ne devriez pas être obligée d'attendre aussi longtemps pour en voir un. En 2004, le Canada a instauré une stratégie nationale de temps d'attente pour mieux gérer et réduire les temps d'attente pour la chirurgie, y compris l'arthroplastie de la hanche. En vertu de cette stratégie, vous ne devriez pas avoir à attendre aussi longtemps votre consultation avec un chirurgien orthopédique. Le ministère de la Santé de l'Ontario a un site Web où l'on peut consulter les temps d'attente pour le remplacement de la hanche selon sa ville ou son code postal. Suivez le lien http://www.waittimes.net et saisissez la ville où vous vivez pour obtenir plus d'information.

Par exemple, si vous mettez Toronto, vous verrez que le temps d'attente le moins long (90 jours) est au Réseau universitaire de la santé. Même si cela indique le temps d'attente pour la chirurgie elle-même, vous devriez être capable de voir un chirurgien dans trois mois. Demandez à votre médecin de vous adresser à un chirurgien orthopédique qui a une liste d'attente moins longue. Une autre option consisterait à vous faire référer à un rhumatologue, car celui-ci pourrait vous aider à mieux gérer votre ostéoarthrite et votre ostéoporose, en plus de vous envoyer en consultation auprès d'un chirurgien orthopédique ayant une liste d'attente moins longue.

Je vous invite à lire ma réponse à la question 3 ci-dessus et à envisager une évaluation personnalisée dans le Multidisciplinary Osteoarthritis Program du Women's College Hospital ou avec un thérapeute de la Société d'arthrite. Appelez la ligne d'information sans frais de celle-ci au 1-800-321-1433 ou envoyez un courriel à info@on.arthritis.ca (on peut s'y adresser directement sans se faire référer par un médecin). Les deux programmes sont dotés de professionnels qui vous aideront à élaborer un programme complet personnalisé pour vous aider à gérer votre ostéoarthrite.

En ce qui concerne les autres options de traitement, il y en a plusieurs qui sont efficaces. À notre connaissance, la seule stratégie qui réussit à ralentir la progression de l'ostéoarthrite repose sur la perte de poids et l'exercice, mais les deux ne sont pas prescrits assez souvent. Les exercices de conditionnement (entraînement en circuit [p. ex., Nautilus] ciblant des articulations particulières) et les exercices aérobiques (marche, vélo, aérobie aquatique) réduisent la douleur causée par l'ostéoarthrite. Beaucoup de personnes souffrant d'ostéoarthrite hésitent à prendre des médicaments (de peur d'en devenir dépendantes, par exemple) ou les prennent intentionnellement moins souvent ou en des doses moins élevées que celles prescrites. Mais les médicaments en question ne créent pas de dépendance. En plus de l'exercice et de la perte de poids, les lignes directrices thérapeutiques recommandent la prise de l'antidouleur Tylenol. On peut en prendre jusqu'à quatre grammes par jour pendant trois ou quatre semaines. Après cette période, on recommande une dose d'entretien allant jusqu'à 3,2 grammes par jour. Chaque comprimé de Tylenol Extra Fort renferme 500 milligrammes de médicament, ce qui veut dire qu'on pourrait en prendre jusqu'à deux comprimés, quatre fois par jour. J'ai l'impression que vous profiteriez de la prise de plus de médicaments. Je vous conseille d'en prendre avant de faire des activités qui risquent d'exacerber votre douleur. Les données sont contradictoires en ce qui concerne l'efficacité de l'acupuncture chinoise contre la douleur ostéoarthritique, surtout parce qu'il est difficile d'établir des essais cliniques à double insu. Et même si le massage procure des bienfaits sur les plans de la relaxation et de la réduction du stress, il n'y a pas de données probantes à l'appui de son efficacité pour soulager la douleur causée par l'ostéoarthrite.

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