En octobre 2008, la experte invitée de la rubrique du Club intitulée Demandez à l’expert était la Dre Rose Kung, urogynécologue au Sunnybrook Health Sciences Centre. Elle est située au Women’s College Hospital.
La Dre Kung est professeure associée au département d’obstétrique et de gynécologie de l’University of Toronto. Son principal domaine d’expertise est l’incontinence urinaire et la relaxation du plancher pelvien.
Elle possède également une expertise en ce qui a trait au traitement chirurgical des femmes atteintes d’endométriose. Elle est également accréditée par l’AAGL (American Association of Gynecologic Laparoscopists) à titre de directrice des bourses de recherche en urogynécologie et en chirurgie à effraction minimale.
Voici les réponses de la Dre Kung à vos questions au sujet de l’endométriose.
Q : J’ai 50 ans. Je prends la pilule anticonceptionnelle depuis l’âge de 13 ans environ parce que j’étais toujours VIOLEMMENT malade quand j’avais mes règles. Mon médecin veut que j’arrête de la prendre, mais j’ai très peur d’être malade de nouveau. J’ai arrêté à quelques reprises quand j’étais plus jeune et je m’étais juré de ne plus jamais essayer. Y a-t-il une chose que je pourrais prendre pour me permettre de cesser l’usage de la pilule sans tomber malade ? Je n’ai pas eu de règles le mois dernier. Au secours !
R : Vous pouvez continuer de prendre la pilule sans danger, à condition que vous ne fumiez pas et qu’aucune des contre-indications ne s’applique à votre cas (caillots sanguins, hypertension, AVC, par exemple). Une autre option réside dans un traitement à la GnRH (hormone de libération des gonadotrophines) avec un traitement additif. Mais cela pourrait coûter plus cher.
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Q : Avant de subir une hystérectomie à l’âge de 34 ans, je souffrais d’une endométriose de stade 3 et ma vie était parsemée de règles douloureuses et de caillots sanguins. J’ai une fille de 14 ans qui commence à éprouver les mêmes symptômes dont je me souviens. Existe-t-il un test qui permet de détecter précocement cette horrible maladie ? J’ai entendu dire que la pilule était parfois prescrite à des enfants. Je vous serais reconnaissante pour toute information à ce sujet.
R : La chirurgie (laparascopie) est toujours nécessaire pour poser un diagnostic définitif d’endométriose. Essayer la prise de contraceptifs oraux est certainement une option raisonnable. Une échographie pelvienne pourrait être utile pour détecter des kystes ovariens (endométriomes).
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Q : On m’a récemment prescrit la pilule anticonceptionnelle pour soulager mon endométriose. Je ne pense pas avoir obtenu des réponses suffisantes au sujet des bienfaits éventuels à long terme de cette démarche. Que fait la pilule pour combattre l’endométriose, et que se passe-t-il si on ne la prend pas pendant longtemps ? L’endométriose revient-elle dès qu’on en cesse l’usage ? Et que pensez-vous des thérapies complémentaires comme la médecine chinoise, les diètes spéciales, l’acupuncture, etc. Connaissez-vous des ressources d’information fiables ? Merci beaucoup !
R : Les contraceptifs oraux peuvent être utilisés sans danger pour minimiser les symptômes de l’endométriose. Leur action consiste à réduire le flux menstruel et à supprimer la fonction ovarienne. Les symptômes peuvent réapparaître une fois la médication terminée. D’ordinaire, on prend la pilule de façon continue afin de minimiser la fréquence des règles. Les traitements alternatifs que vous avez mentionnés pourraient être utiles, notamment une diète macrobiotique et le chi kung (également écrit qi gong).
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Q : J’ai reçu un diagnostic de didelphus et d’endométriose à l’âge de 13 ans (j’ai 25 ans maintenant). J’ai subi plusieurs chirurgies. Je suis constamment fatiguée, j’ai mal au dos, je n’ai pas d’énergie et je me sens malade tout le temps. Depuis juillet de cette année, je traîne une cystite pour laquelle j’ai reçu plusieurs médicaments. On m’a également administré un traitement intraveineux pendant sept jours. Ce dernier semblait efficace pendant quatre jours, puis les symptômes sont revenus. J’ai enfin dit à mon médecin de famille que je n’en pouvais plus et que je voulais consulter un urologue. L’urologue a été très impoli et a plus ou moins blâmé mon problème sur les relations sexuelles. Je lui ai dit que je n’avais pas eu de relation sexuelle depuis longtemps parce que je me sentais trop malade. Il a recommandé une colposcopie que j’attends encore et m’a prescrit d’autres médicaments. J’ai quitté son bureau en pleurs. J’ai l’impression que personne ne me prend au sérieux. Il ne me reste qu’un seul rein aussi. Je me sens complètement défaite et personne ne veut me prendre au sérieux. Je souffre tous les jours. Je vous prie de m’aider. Merci.
R : ll est possible que votre douleur soit causée par l’endométriose car celle-ci peut s’attaquer à la vessie aussi. Vous devriez consulter un gynécologue qui se spécialise dans le traitement de l’endométriose. Si vous vivez près de Toronto, la Dre Kay Lie du Women’s College Hospital est un excellent choix.
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Q : Bonjour, j’ai 48 ans et n’ai jamais eu de problèmes avec mes règles. Elles arrivent à l’heure et sont normales. Toutefois, on vient de m’apprendre que j’ai des kystes sur mon ovaire droit et pourrais être atteinte d’endométriose. Pourriez-vous me dire ce qu’ils vont me faire ?
R : Votre kyste ovarien pourrait être l’endométriose ou pas. Le seul moyen définitif de poser le diagnostic consiste à enlever le kyste par voie chirurgicale (le plus souvent par laparascopie).
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Q : J’ai 35 ans et je souffre d’endométriose depuis le tendre âge de 16 ans. Il y a un an j’ai subi une laparoscopie. Ils ont découvert beaucoup de tissu endométrial qu’il était impossible d’enlever, surtout près de mon côlon. J’ai également l’utérus incliné. Je n’ai pas d’enfants et ne prévois pas en avoir. Quelle est la meilleure marche à suivre pour soulager cette douleur à mon âge ? Je ressens également de la douleur pendant l’ovulation.
R : Si vous avez fait l’objet d’un diagnostic d’endométriose, vous pouvez essayer une médication. Celle-ci repose habituellement sur un agoniste de la GnRH ou un autre médicament appelé danazol. Il existe des options chirurgicales aussi, mais une résection du côlon pourrait s’avérer nécessaire dans votre cas.
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Q : Les femmes qui souffrent d’une endométriose grave depuis longtemps sont-elles plus sujettes aux cancers de l’appareil génital ? (le cancer de l’ovaire, par exemple)
R : Il est rare que l’endométriose soit associée au cancer de l’ovaire. Il reste que les femmes qui se font soigner pour l’infertilité pourraient courir un risque de cancer de l’ovaire plus élevé que la normale.
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Q : Quel est le meilleur antidouleur pour l’endométriose ? Je suis ménopausique et la douleur est présente durant mes règles. Je présume que la douleur disparaîtra quand mes règles cesseront. Puisque je n’aurai pas besoin de prendre des médicaments à long terme, quels médicaments seraient de bons choix à court terme ?
R : D’ordinaire, les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) sont efficaces pour maîtriser la douleur, mais ces médicaments peuvent causer des effets secondaires gastrointestinaux. On peut également avoir recours à des stupéfiants, mais la prudence est de mise à cause du risque de dépendance. Si vous êtes ménopausique, l’endométriose ne devrait pas vous causer de la douleur, mais les adhésions oui. Vous pouvez trouver de l’aide auprès d’une clinique antidouleur.
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Q : J’ai une question au sujet des adhésions et de l’endométriose. Je sais que certains médicaments font rétrécir les lésions d’endométriose ou même les font disparaître complètement, mais qu’en est-il des adhésions ? Les médicaments sont-ils efficaces ou la chirurgie est-elle le seul moyen d’enlever les adhésions et/ou le tissu cicatriciel ?
R : Les adhésions ne répondent pas habituellement aux médicaments. Toutefois, une autre chirurgie pourrait favoriser la formation d’autres adhésions.
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Q : J’ai subi une chirurgie par excision pour l’endométriose il y a quelques années; le médecin m’a dit qu’il avait tout enlevé, sauf quelques implants sur mon côlon. Il m’a expliqué que la seule façon d’enlever complètement ces derniers consisterait à effectuer une résection du côlon, une opération qu’il me déconseillait à cause des risques élevés. J’ai deux questions : 1. Vous arrive-t-il de recommander une résection du côlon lors d’une chirurgie contre l’endométriose ? 2. Les implants risquent-ils de repousser partout parce que le chirurgien n’a pas tout enlevé ?
R : On peut pratiquer une résection du côlon lorsque l’endométriose touche le côlon. La décision de procéder à une résection du côlon dépend de la taille et de l’emplacement des lésions. Si les lésions ne sont pas enlevées intégralement lors de la chirurgie, elles pourraient réapparaître.
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Q : Quel est le lien entre l’endométriose et l’adénomyose ? L’une est-elle plus courante que l’autre ? Ont-elles plutôt tendance à se manifester ensemble ?
R : L’adénomyose est une affection où les cellules endométriales qui composent le revêtement de l’utérus se mettent à envahir la paroi de cet organe. L’adénomyose se distingue de l’endométriose en ce que celle-ci se caractérise par la présence de ces cellules à l’extérieur de l’utérus. Il ne semble pas y avoir de lien étroit entre les deux, mais la présence de l’une n’exclut pas la présence de l’autre non plus.
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Q : En 2006, j’ai subi une ligature des trompes durant laquelle on a enlevé un peu de tissu endométrial. Contrairement à certaines femmes, je n’ai jamais éprouvé beaucoup de douleur à cause de ce problème, donc je dirais que mon cas est léger. Depuis trois mois, je remarque un écoulement liquide clair qui se produit environ sept jours après mes règles (il s’agit d’environ une cuillère à thé d’une espèce de gel). Aujourd’hui, j’ai remarqué qu’il y avait du sang dans l’écoulement. Mon mari et moi avons fait l’amour ce matin, mais il n’a pas éjaculé en moi. J’ai remarqué le sang environ une heure plus tard. S’agit-il de l’endométriose ? Il y a une douleur très légère mais rien de grave. Merci pour votre temps.
R : Votre symptôme ne semble pas être typique de l’endométriose, mais il n’est pas normal. Vous devriez consulter votre médecin de famille ou gynécologue.
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