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Notre experte invitée du mois de septembre 2009 était la Dre E. Laura Cruz, spécialiste en médecine sportive au programme SportCARE du Women’s College Hospital et au St. Joseph’s Health Centre.

La Dre Cruz est copropriétaire de la compagnie Pivot Sport Medicine and Orthopaedics, ancienne présidente du Women’s Issues in Sport Medicine Committee à l’Académie canadienne de médecine du sport et professeure à l’University of Toronto. Médecin de plusieurs équipes de sport locales, provinciales et nationales, elle a soigné des athlètes pratiquant une variété de disciplines, de la gymnastique au hockey en passant par le ballet et le patinage artistique.

En ce qui a trait à la médecine sportive, la Dre Cruz s’intéresse particulièrement à la prévention des blessures, à la promotion de l’activité physique, à la sensibilisation aux commotions cérébrales, à la Triade de l’athlète féminine (troubles alimentaires, aménorrhée et ostéoporose) et à une gamme d’autres préoccupations de la femme active, dont l’exercice durant la grossesse, la prévention des fractures de stress, l’ostéoporose et l’ostéoarthrite.

Ses patients – athlètes d’élite, artistes de la scène, entraîneurs, instructeurs de Pilates et de yoga et personnes actives ou souhaitant le devenir – appartiennent à tous les groupes d’âge.

Voici les réponses à vos questions sur les soins et douleurs du dos.


Q : Un jour, quand j’étais au travail, je me suis penchée pour signer quelque chose et mon dos s’est barré. Impossible de bouger. Ensuite, j’ai senti une drôle de sensation dans le bas du dos, puis celui-ci s’est détendu. Mon médecin de famille m’a dit que des ligaments dans le bas de mon dos avaient causé mon problème. Comment un problème de ligaments peut-il faire en sorte que mon dos se fige ainsi ? Mon médecin m’a également dit qu’il n’y avait rien à faire pour empêcher que cela se reproduise, mais il m’a recommandé des étirements quand même. Pourriez-vous me recommander quelque chose pour empêcher que mon dos se fige de nouveau ?

R : Il y a plusieurs structures dans le bas du dos qui peuvent donner l’impression d’être « figées » ou « barrées ». Des muscles peuvent se contracter afin de protéger les structures plus profondes et sont donc souvent la cause de cette sensation. La douleur nous donne l’impression d’être « figé », et elle peut naître dans une variété de structures. Les éléments fondamentaux des soins du dos consistent, entre autres, à prendre garde aux postures qui étirent excessivement les muscles et les ligaments de soutien, à étirer les muscles antérieurs tendus (abdomen) et à optimiser la force musculaire du dos et du tronc. Les muscles du tronc comprennent non seulement les abdominaux, mais aussi les muscles plus profonds qui font le tour du tronc et qui nous soutiennent dans diverses postures.

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Q : Pourriez-vous m’expliquer le terme « glissement de disque ». Est-ce une description fidèle ? J’ai entendu dire qu’il n’y a pas vraiment de glissement du disque. Que se passe-t-il et pourquoi ? Il y a quelques années, je me suis blessée le bas du dos au gym lorsque je me suis retournée rapidement pour soulever un poids lourd. J’ai éprouvé une douleur très aiguë au milieu du bas du dos. Mon médecin m’a prescrit une physiothérapie. Mon physiothérapeute m’a expliqué que la blessure avait un rapport avec mes disques. Il a fallu que je suive une physiothérapie et que je fasse des exercices pour me renforcer le bas du dos. Ça va bien maintenant.

J’essaie déjà de faire des exercices pour me renforcer le bas du dos, mais pourriez-vous m’en recommander d’autres pour aider à protéger la santé de mon dos ?

R : Vous avez parfaitement raison. Il n’y a pas vraiment de « glissement de disque ». Il reste qu’il est possible de blesser les disques à divers degrés, et on parle selon le cas de « glissement », de « rupture » ou de « hernie ». Les exercices pour protéger les disques consistent habituellement à renforcer les abdominaux et les muscles du tronc. Il y a plusieurs façons d’atteindre cet objectif : le Pilates, l’entraînement avec un ballon et le yoga n’en sont que quelques exemples.

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Q : Pourriez-vous recommander un traitement spécifique (y compris les exercices) pour la douleur causée par les problèmes de facettes articulaires ?

R : Les facettes articulaires vertébrales sont les petites articulations du dos qui nous permettent de nous pencher et d’effectuer des torsions. Comme n’importe quelle articulation, elles risquent de subir des entorses ou de s’user. Les exercices pour atténuer les problèmes de facettes articulaires sont les mêmes que pour soulager la douleur associée à d’autres maux du dos; ils consistent à renforcer les muscles du tronc, à adopter une bonne posture neutre où le dos n’est pas trop courbé et à employer des postures sûres en position assise ou pour soulever des choses. Le Pilates et le yoga incluent des exercices appropriés.

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Q : Pourquoi la relation entre les médecins et les chiropraticiens est-elle si tendue ? À l’âge de 20 ans, des médecins m’ont prescrit des narcotiques pour maîtriser la douleur dans mon dos et mes hanches. Grâce à des traitements chiropratiques réguliers, je ne prends plus de médicaments, à part une aspirine occasionnellement. J’ai 45 ans. Je souffre d’ostéoarthrite dans mes hanches, mais je n’ai pas besoin de fauteuil roulant grâce à mon chiropraticien.

R : Je suis contente que la douleur dans votre dos et vos hanches soit suffisamment maîtrisée pour que vous n’ayez besoin de prendre des médicaments contre la douleur qu’occasionnellement. Historiquement,  les rapports interprofessionnels entre médecins et chiropraticiens ne sont pas idéaux, mais des progrès énormes ont été accomplis dans plusieurs disciplines des soins de santé pour améliorer cette situation.

Les thérapies manuelles, telles que celle pratiquée par les chiros, sont maintenant reconnues comme une composante importante du traitement des problèmes du dos et des articulations.

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Q : Il y a trois ans, j’ai subi quatre hernies discales dans mon dos. J’ai essayé la chiropratique, le traitement au laser, la physiothérapie et la massothérapie. On m’a fait un bloc facettaire et deux blocs épiduraux dans l’espoir de soulager la douleur, les picotements et les sensations d’engourdissement. Je fais des exercices tous les jours et je consulte encore un physiothérapeute et un massothérapeute. J’ai subi deux IRM qui ont révélé une dégénérescence modérée, une sténose de la colonne vertébrale et des hernies discales.

Mon médecin m’a envoyée consulter trois chirurgiens orthopédiques différents, mais ils ont tous refusé de me voir, le dernier ayant affirmé qu’une chirurgie n’était pas indiquée.

J’ai 55 ans et je vis tous les jours avec cette douleur et cet inconfort, certains jours étant pires que d’autres. J’ai déjà été obligée de prendre des congés de plusieurs semaines parce que je ne pouvais pas marcher ou m’asseoir, sans parler de travailler.

Je suis incapable de marcher pendant longtemps. Mon physiothérapeute a modifié mon programme à plusieurs reprises afin de tenter de nouvelles techniques, mais rien ne marche.

Avez-vous des suggestions ? J’ai peur d’avoir bientôt besoin d’un fauteuil roulant.

R : Malheureusement, de nombreuses personnes souffrent comme vous tous les jours. Comme vous le savez, la combinaison d’une sténose et d’une dégénérescence discale représente un défi thérapeutique de taille. La recherche porte à croire qu’une approche d’équipe multidisciplinaire est la meilleure, mais on reconnaît qu’il n’est pas toujours possible d’offrir cela rapidement et qu’il faut habituellement s’adresser à un centre d’enseignement et de soins tertiaires.

Il est possible qu’on ne vous ait pas proposé de chirurgie parce qu’elle n’aurait pas d’impact favorable sur vos symptômes, mais seulement sur vos radiographies et vos IRM.

Comme c’est le cas de plusieurs troubles du dos, le conditionnement physique et le renforcement musculaire pourraient vous être utiles. Le recours à des médicaments, au blocage nerveux, à la physio et au repos périodique pourrait demeurer nécessaire.

Vous pourriez aussi bénéficier de l’acquisition d’autres habiletés, telles que la méditation consciente, le yoga (modifié) ou l’ostéopathie.

Je vous recommande de revoir vos traitements et vos réponses à ceux-ci avec votre médecin. Vous pourrez déterminer ensemble si une consultation en clinique antidouleur multidisciplinaire est indiquée. Cela pourrait nécessiter un rendez-vous « double », alors renseignez-vous auprès de votre médecin afin de pouvoir prévoir assez de temps pour discuter de votre cas.

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Q : Avez-vous des suggestions concernant le traitement de la camptocormie (flexion vers l’avant du cou et de la partie supérieure du dos) ?

R : Les causes de la camptocormie varient, et le traitement doit être adapté à la cause spécifique du problème chez chaque personne. Selon la cause sous-jacente, les options de traitement pourraient comprendre des médicaments contre la maladie de Parkinson, des injections de Botox ou encore la stimulation cérébrale profonde. Il reste toutefois que l’utilité de n’importe lequel de ces traitements doit être évaluée au cas par cas.

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Q : Que recommandez-vous pour améliorer la posture ? J’ai les épaules courbées et j’aimerais me tenir plus droit, mais je n’y arrive pas. 

R : Apprendre à améliorer sa posture est comme apprendre à aimer les olives – il faut y travailler ! L’acquisition de nouvelles habitudes consiste en une période d’effort conscient suivie d’une période plus longue d’adaptation automatique. Le recours à des rappels visuels ou auditifs, tels que des Post-it ou l’alarme de votre cellulaire ou ordinateur pourrait vous inciter à vous tenir droit.

Pour améliorer votre posture en position assise, utilisez le dossier de votre chaise pour vous soutenir et essayez de demeurer la plus étendue possible. Si vous gardez les coudes à vos côtés, juste à l’arrière de vos hanches, vous aurez déjà beaucoup fait pour améliorer votre posture. Occasionnellement, les thérapeutes ont recours à des bandages pour inciter les muscles de la ceinture thoracique à continuer de travailler même si le patient est trop occupé pour se rappeler de le faire.

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Q : J’ai subi deux chirurgies d’urgence pour des hernies discales (L4-5 et L4, S1) en 2001 et en 2004. J’étais sportive durant mon adolescence et ma vingtaine, et certaines des activités que je faisais avant mes chirurgies me manquent. Un neurochirurgien m’a recommandé la natation mais a déconseillé les sports à impact. Il va sans dire que je ne recommencerais pas à faire du patin à roues alignées ou à jouer au volleyball, mais j’aimerais tout de même jouer de nouveau au tennis. Dre Cruz, que pensez-vous de mon dilemme ? Merci pour votre temps.

R : Votre neurochirurgien essaie de vous éviter d’autres problèmes de dos ! De nombreuses personnes souffrant de problèmes de disques espèrent reprendre leurs anciennes activités et certaines d’entre elles y parviennent. Toutefois, les activités qui mettent le dos dans une position fléchie ou courbée vers l’avant ou qui incluent des sauts sont souvent déconseillées. Je vous recommande de tenir une discussion franche avec votre chirurgien et un physiothérapeute compétent.

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Q : Il y a 15 ans, j’ai fait un faux mouvement lorsque je tentais de soulever une caisse lourde. Depuis lors, j’ai des crises de dos tous les deux ou trois mois. Y a-t-il un remède ou dois-je apprendre à vivre avec cela ?

R : Heureusement, votre crise actuelle et vos symptômes d’il y a 15 ans n’ont pas nécessairement la même cause. Une excellente condition physique, une bonne force musculaire et la prudence vous aideront à minimiser vos symptômes. Cela exigera un grand travail de votre part, et la consultation d’un bon thérapeute pourrait être indiquée. Cela nécessitera un investissement de temps et d’argent, mais cela vaudra la peine à long terme !

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Q : Je souffre de douleurs de dos intermittentes depuis 10 ans. J’ai un emploi stressant et exigeant, je n’ai pas de temps pour faire de l’exercice et je fais de l’embonpoint. Je préfère prendre des pilules pour la douleur que de consulter un physiothérapeute ou un chiropraticien, mais ma famille insiste pour que je le fasse. Que pensez-vous ? Les médicaments sont-ils un choix raisonnable pour une personne dans ma situation ?

R : Traiter un problème de dos avec des pilules peut être efficace, mais seulement à court terme. Le phénomène de la douleur résulte d’un processus complexe ayant lieu dans le cerveau et le corps, et les traitements visant uniquement la douleur n’ont souvent que des bienfaits temporaires. Vos douleurs de dos pourraient être une tentative de la part de votre corps de vous dire que vous travaillez trop fort et que la sédendarité et l’embonpoint ne sont pas bons pour vous. Il se peut bien que votre corps vous demande d’en faire plus souvent un usage convenable, en adoptant un style de vie plus actif !

Essayez d’incorporer tranquillement l’activité physique dans votre vie. Faites quelques exercices lorsque vous vous réveillez ou avant de vous coucher. Utilisez les fins de semaine pour faire des marches d’une trentaine de minutes. Augmentez graduellement la fréquence de vos marches à quatre ou cinq fois par semaine.

Progressez graduellement en ajoutant au fur et à mesure d’autres activités physiques à votre vie. Après quelque temps, vous trouverez peut-être que votre douleur a diminué et que vous vous sentez moins stressée et plus énergique qu’auparavant. Et il y a d’autres bienfaits aussi : réduction de la tension artérielle, de la glycémie et du cholestérol, ainsi qu’une diminution des risques de plusieurs cancers.

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Q : Je souffre de douleurs chroniques au dos. J’ai vu des publicités à la télé pour la décompression vertébrale. À quel point mon dos doit-il se détériorer pour que je puisse avoir recours à cette technique ? J’ai entendu dire que cela peut remplacer la chirurgie, mais mon problème n’est pas assez grave pour justifier une chirurgie du dos.

R : La décompression vertébrale est une technique qui est employée depuis longtemps dans les cliniques de traitement pour les syndromes douloureux du dos associés aux disques ou aux facettes articulaires. Les publicités qu’on voit à la télé font habituellement la promotion de machines à traction de pointe qui vous étirent régulièrement tout en faisant travailler vos abdominaux. Ces appareils sont souvent efficaces pour soulager les symptômes pendant quelque temps. Toutefois, ils ne remplacent pas les exercices de conditionnement et de renforcement qui s’imposent (les fabricants ne font pas de telles allégations, d’ailleurs). Il y a peu de preuves que ce genre d’appareils sont efficaces contre d’autres sortes de maux de dos.

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Q : J’ai 53 ans. Il y a deux ans, mon médecin de famille m’a diagnostiqué (par radiographie) une dégénérescence intervertébrale au L 3-4. Que puis-je faire pour m’aider ? Devrais-je consulter un orthopédiste en guise de prévention ? Merci pour votre réponse.

R : Merci pour votre question. Vous ne précisez pas ce qui vous a incitée à subir cette radiographie, donc je suppose que vous aviez mal au dos. Cependant, il est possible d’observer des changements dégénératifs sur une radiographie même en l’absence de symptômes.  Or, la présence de symptômes laisse croire que les structures de soutien du dos ne sont pas optimales. Votre objectif pourrait donc consister à faire des exercices conçus pour renforcer les muscles de votre tronc et de votre dos. Si vous n’avez pas de symptômes deux ans après votre diagnostic par rayons X, il se peut que vous soyez déjà en forme et que vous preniez soin de votre dos ou peut-être êtes-vous simplement chanceuse. Songez à améliorer la force de votre dos et de votre tronc en suivant un cours de Pilates ou de yoga, maintenez un poids santé et tâchez d’améliorer votre conditionnement physique global. La consultation d’un bon physiothérapeute ou d’un entraîneur personnel compétent vous serait plus utile en ce moment que la consultation d’un orthopédiste.

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Q : J’ai mal au dos à cause de fibromes et je consulte régulièrement un physiothérapeute, mais je ne constate aucune amélioration. Comment puis-je me débarrasser de cette douleur ?

R : Les causes gynécologiques des douleurs de dos sont courantes et ne répondent pas toujours à la physiothérapie. Une bonne condition physique et une bonne force musculaire pourraient être utiles. De fait, beaucoup de données laissent croire que l’exercice constitue une stratégie utile pour soulager la douleur d’origine gynécologique. Assurez-vous de revoir les alternatives avec votre médecin ou gynécologue et insistez pour que votre thérapeute envisage la possibilité que la source de votre douleur réside dans la région sacro-iliaque ou le plancher pelvien. Si un traitement gynécologique n’est pas indiqué, l’ostéopathie s’avère souvent utile lorsque les causes gynécologiques des douleurs de dos ne répondent pas à une physiothérapie conventionnelle.

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