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Santé sexuelle

Ce mois-ci, Demandez à l’expert souhaite la bienvenue au Dr Stephen Holzapfel, directeur médical de la Sexual Medicine Counselling Unit du département de médecine familiale et communautaire du Women’s College Hospital à Toronto.

Le Dr Holzapfel est consulté par des couples qui ont des préoccupations d’ordre sexuel. Il s’intéresse à l’intégration des soins visant les problèmes physiques, psychologiques et relationnels ayant un impact sur la fonction sexuelle. Sa recherche met l’accent sur le traitement de la dysfonction sexuelle, tant chez la femme que chez l’homme.

Le Dr Holzapfel est professeur associé dans le département de médecine familiale et communautaire et travaille à la fois dans les départements d’obstétrique et de gynécologie de l’University of Toronto. En tant que pédagogue, il s’intéresse à aider les médecins à aborder les préoccupations sexuelles de leurs patients.

Voici ses réponses à vos questions sur la santé sexuelle.


Q : Les varices vaginales peuvent-elles causer de la douleur durant les rapports sexuels ? Est-il possible de les réparer ? J’ai 59 ans.

R : Les varices vaginales (souvent secondaires à la grossesse ou à l’obésité) peuvent être douloureuses. Comme elles dépendent de la gravité, elles ne sont pas habituellement un problème lorsque la femme est allongée, mais peuvent causer de la douleur lorsqu’elle est debout. Vous feriez bien de les faire examiner par un gynécologue.

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Q : La mutilation génitale avec infibulation et excision du clitoris peut-elle causer la stérilité chez une femme ?

R : De façon générale, la mutilation génitale ne cause PAS la stérilité, car elle touche les structures génitales extérieures, et non les ovaires ou l’utérus. Il n’empêche qu’elle pourrait causer indirectement la stérilité si la pénétration ou l’éjaculation intravaginale sont rendues impossibles, car cela empêcherait l’insémination.

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Q : J’ai des relations sexuelles normales depuis un an, mais je n’arrive pas à tomber enceinte. Quelqu’un m’a dit que mon utérus était peut-être mal orienté. Devrais-je consulter un
gynécologue ?

R : Lorsque la femme a régulièrement ses règles et l’homme est en bonne santé, environ six couples sur sept tombent enceintes après une année de rapports sexuels réguliers non protégés. La mauvaise orientation de l’utérus – comme dans les cas de rétroversion utérine – n’est pas une cause courante de l’infertilité. Je recommande aux femmes de 35 ans ou moins de consulter un gynécologue après un an de tentatives infructueuses; pour les femmes de plus de 35 ans, une consultation en gynécologie est indiquée après six mois d’infertilité.

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Q : Ma question se rapporte à l’activité sexuelle après l’âge de 60 ans. Si quelqu’un n’a pas de partenaire, est-il plus sain de se satisfaire soi-même que de se passer complètement d’activité sexuelle ?

R : L’auto-satisfaction est un comportement sexuel sain et normal, quel que soit votre âge. Le fait de rester active accroîtra vos chances de jouir d’une relation intime si vous rencontrez un nouveau partenaire à l’avenir.

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Q : J’ai 61 ans et suis ménopausée depuis cinq ans, mais j’ai commencé dernièrement à avoir des sueurs nocturnes et des bouffées de chaleur. Pourquoi ?

R : D’ordinaire, les sueurs nocturnes et les bouffées de chaleur commencent durant la périménopause, vers l’âge de 50 ans, et peuvent continuer pendant plusieurs années, jusque dans la soixantaine dans certains cas. Elles sont causées par le cerveau qui tente d’envoyer un signal aux ovaires, pour qu’ils produisent davantage d’estrogène. Si, après plusieurs années sans sueurs nocturnes ou bouffées de chaleur, une femme ménopausée commence de nouveau à éprouver ces symptômes, je lui recommande de consulter son médecin pour s’assurer qu’il n’y a pas d’autres facteurs en cause qui n’ont rien à voir avec la ménopause.

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Q : Que recommanderiez-vous à un couple où l’homme s’intéresse principalement au sexe oral, alors que la femme s’intéresse principalement aux relations génitales ?

R : L’activité sexuelle, comme n’importe quelle interaction dans la vie de couple, doit avoir lieu dans un contexte où les besoins de chacun sont respectés. Si l’un des partenaires aime beaucoup une activité particulière qui suscite une réaction neutre chez l’autre, le couple gagnera en faisant l’activité en question, en présumant qu’il y aura de la réciprocité la prochaine fois.

Si l’un des partenaires aime beaucoup une activité qui provoque une réaction négative chez l’autre, l’acte en question n’est jamais positif.

Le counseling peut aider à explorer pourquoi un comportement particulier n’est pas acceptable pour certaines personnes. Dans le cas du sexe oral, plusieurs facteurs pourraient contribuer à la réticence d’un des conjoints. L’éducation, la discussion et la négociation peuvent être très utiles à cet égard :

  1. L’hygiène est importante. On se sent mieux préparé à faire l’amour quand on s’est brossé les dents ou rasé. Le sexe oral est souvent plus agréable lorsque les deux partenaires se sentent propres.
  2. Il faut démentir les mythes. Les bactéries dans notre bouche posent un plus grand risque pour notre santé que celles se trouvant habituellement sur nos organes génitaux.
  3. Il faut tenir compte des tabous culturels et sociaux. Jusqu’à récemment, le sexe oral était illégal dans plusieurs régions du monde. Il existe encore certains interdits religieux à l’égard de ce genre d’activité.
  4. Il faut aider chaque membre du couple à établir ses limites. Par exemple, certaines personnes n’aiment pas que l’autre éjacule dans leur bouche, mais le reste de l’activité leur plaît.
  5. De nombreuses femmes n’atteignent l’orgasme que lorsque leur partenaire leur fait un acte de sexe oral.

Les jeunes d’aujourd’hui sont plus enclins que leurs parents ou grands-parents à s’adonner au sexe oral, mais l’activité ne convient pas à tout le monde pour autant.

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Q : Une femme trisomique peut-elle tomber enceinte d’un jeune homme trisomique ? La jeune femme trisomique peut-elle tomber enceinte d’un homme qui n’a pas la trisomie 21 mais qui a d’autres déficiences développementales ?

R : Les personnes trisomiques ont d’habitude les mêmes besoins d’intimité, d’affection et de sexe que les personnes non trisomiques. Les femmes trisomiques peuvent tomber enceintes, mais elles risquent d’être moins fertiles que leurs sœurs non trisomiques. Elles doivent donc avoir recours à la contraception si elles veulent avoir une vie sexuelle active sans tomber enceintes. Les hommes trisomiques sont généralement moins fertiles aussi, mais ce n’est pas une certitude. Un homme atteint d’une déficience développementale est souvent capable de devenir père.

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Q : Je suis dans la fin vingtaine. Depuis plusieurs années, je souffre de sécheresse et de démangeaisons vaginales et d’une faible libido. Quelles seraient les raisons pour cela, étant donné que je n’ai pas vécu de situation très stressante durant cette période ?

R : La sécheresse et les démangeaisons vaginales peuvent avoir plusieurs causes, notamment les infections à levures, la vaginose bactérienne, la trichomonase et certaines pilules anticonceptionnelles. Si vous avez régulièrement vos règles, je doute qu’il y ait une cause hormonale importante. Certaines femmes souffrent d’une affection de la vessie appelée cystite interstitielle qui peut causer des symptômes vaginaux.

La baisse du désir est la préoccupation sexuelle la plus courante qu’expriment les femmes; nos sondages indiquent qu’environ 30 pour cent des femmes en âge de procréer éprouvent ce problème, et environ la moitié de celles-ci trouvent leur manque de désir angoissant et aimeraient trouver une solution.

Une baisse de libido peut être causée par nombre de problèmes médicaux, tels que l’insuffisance ovarienne prématurée, les effets secondaires de certains médicaments (notamment plusieurs antidépresseurs et pilules anticonceptionnelles) et d’autres. Si les relations sexuelles sont douloureuses, cela déclenche souvent un mécanisme protecteur qui cause une baisse du désir. La signification du sexe pour la femme a son importance aussi. Si une femme souffre de dépression ou d’anxiété ou si elle a subi des traumatismes dans sa vie, son désir peut être affecté. Il faut se poser certaines questions à cet égard : Qu’est-ce qu’elle a appris à propos du sexe durant son enfance ? Ses parents en parlaient-ils, ou s’agissait-il d’un secret qui allait se révéler plus tard ? Le rôle que joue le sexe dans sa relation est important aussi. Son partenaire est-il généreux de son soutien ? La relation est-elle positive ? Les rôles de chaque partenaire sont-ils bien équilibrés ? Y a-t-il de jeunes enfants dans le ménage qui privent la femme de son énergie ? Est-ce qu’elle allaite ? Quels stress externes subit le couple ? Dans la famille élargie ? Au travail ? La liste de raisons est longue. Si on veut que le sexe demeure un élément important de la relation, il faut porter attention à tous les aspects de l’interaction du couple, et non seulement à ce qui se passe dans la chambre à coucher.

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Q : Je vais voir un gynécologue dans quelques semaines. Au cours d’un examen pelvien récent, mon médecin a trouvé un fibrome volumineux. Une échographie a confirmé que j’en avais plusieurs qui pressaient sur ma vessie. Je n’en connais pas les dimensions, mais je sais que mon utérus fait 10 semaines. J’ai 48 ans et prends la pilule, donc je n’ai pas de menstruations abondantes, de caillots sanguins ou de douleur. Je n’ai aucune idée si mes fibromes croissent rapidement ou pas. Mon ancien médecin n’avait rien senti (ou n’a rien mentionné) lors d’un examen pelvien effectué il y a deux ans. Ma question : quelles questions devrais-je poser au spécialiste lors de mon rendez-vous ? La fréquence/urgence urinaire est mon seul symptôme, alors je me demande s’il va me recommander quelque chose.

R : La majorité des fibromes sont bénins et non cancéreux. Les masses qui croissent rapidement doivent être évaluées pour s’assurer qu’il ne se passe rien de dangereux. Votre médecin pourrait vous faire subir une biopsie endométriale ou une échographie spéciale pour lui permettre d’évaluer l’intérieur de votre utérus.

Les fibromes asymptomatiques sont courants, et on peut habituellement en suivre l’évolution annuellement grâce à un examen clinique et/ou une échographie.

Il existe plusieurs pistes thérapeutiques pour combattre les fibromes symptomatiques, y compris la chirurgie pour enlever le fibrome seulement (en essayant de préserver la fertilité) et l’hystérectomie pour enlever l’utérus et les fibromes en même temps. Il existe aussi une technique non chirurgicale appelée embolisation qui consiste à boucher les artères qui alimentent les fibromes à l’aide de médicaments qui agissent comme de la colle. Cela provoque le rétrécissement graduel du fibrome sans qu’il soit nécessaire d’opérer, mais la femme risque d’éprouver un peu de douleur pendant plusieurs semaines après l’intervention.

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Q : Durant mon enfance, je suis tombée sur une branche et me suis blessé le vagin pendant que je grimpais dans un arbre. J’aime plaisanter en disant que je me suis fait dépuceler par un cerisier. Je suis maintenant dans le début cinquantaine. J’ai du tissu cicatriciel qui s’est formé à l’extérieur de mes lèvres et qui me fait mal quand j’ai des relations sexuelles. Je me suis renseignée auprès d’un médecin quant à la possibilité de faire enlever le tissu cicatriciel, mais il m’a dit que l’intervention serait qualifiée de chirurgie esthétique et ne serait pas couverte par l’assurance-maladie. De plus, il m’a dit que d’autre tissu cicatriciel se formerait après l’opération. J’ai un amas de tissu génital au bas de mes lèvres/vagin. Il est parfois douloureux pendant mes règles. Je me sers régulièrement de la crème Vagisil pour hydrater la zone, et celle-ci est devenue blanche à cause de cela. Avez-vous des suggestions pour m’aider à mieux composer avec ce problème ? Merci.

R : On dirait que vos symptômes ne sont pas uniquement de nature « esthétique ». Je vous suggère de demander l’avis d’un autre gynécologue, de préférence un gynécologue se spécialisant dans les problèmes de la vulve (ouverture du vagin).

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Q : Une vie sexuelle normale est-elle possible lorsqu’on a la cystite interstitielle et la vulvodynie ? Comment peut-on expliquer ce problème à un nouveau partenaire avant d’avoir des rapports sexuels avec lui ?

R : La cystite interstitielle est une affection douloureuse de la vessie qui cause chroniquement de l’irritation, de la douleur et la fréquence urinaire. Elle rend souvent les relations sexuelles inconfortables, voire impossibles.

La vulvodynie est un terme médical qui veut dire « douleur chronique de la vulve ». Il s’agit d’une douleur neuropathique (sensation de brûlure dans les nerfs) qui est toujours présente, même en l’absence d’activité sexuelle. Elle est difficile à traiter, mais une approche multidisciplinaire dans une clinique de traitement de la douleur peut être bénéfique. Il existe plusieurs médicaments (gabapentine, prégabaline et antidépresseurs tricycliques) qui peuvent soulager la douleur, mais aucun d’entre eux ne peut guérir le problème.

La femme atteinte doit expliquer son problème à ses nouveaux partenaires sexuels, afin qu’ils puissent éviter de la faire souffrir davantage. Même si la pénétration n’est pas toujours facile, les lèvres et le clitoris sont souvent épargnés et les relations « externes » peuvent être une option agréable pour le couple. Le traitement consiste aussi à faciliter la discussion au sein du couple et à lui fournir du soutien.

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Q : Je suis une femme de 34 ans en bonne santé qui ai toujours souffert lors des relations sexuelles. J’en ai parlé à mon médecin de famille, qui m’a adressée à un gynécologue. On m’a dit que je n’avais pas l’endométriose ou d’autre problème évident qui pourrait expliquer ma douleur. Qu’est-ce qui pourrait causer tant de douleur lors de mes relations sexuelles, et que puis-je y
faire ?

R : La douleur lors des rapports sexuels (également appelée dyspareunie) peut avoir plusieurs causes. Il n’est pas possible d’aborder toutes les possibilités dans cette réponse, mais plusieurs d’entre elles figurent dans les quatre catégories « V » que voici :

  1. Vaginite
    - infection vaginale à levures, vaginose bactérienne
    - herpès génital : il ne s’agit pas d’une vaginite, mais d’une infection qui peut causer de la douleur récurrente
  2. Vaginisme
    - spasme musculaire à l’ouverture du vagin causant de la douleur, une réduction de la lubrification et allant jusqu’à empêcher la pénétration
    - certains estiment qu’il s’agit d’une réponse phobique à l’idée d’avoir des rapports sexuels
  3. Vestibulite
    - inflammation au seuil du vagin qui cause de la douleur lorsque quelque chose est inséré dans celui-ci
  4. Vulvodynie
    - douleur (brûlure) neurologique constante à l’extérieur du vagin, même en l’absence de rapports sexuels

Le vaginisme et la vestibulite ont été regroupés sous un seul terme : « vestibulodynie », qui décrit la douleur survenant dans la partie inférieure du vagin.

Le diagnostic et le traitement de ces syndromes mettent de nombreux médecins, y compris certains gynécologues, mal à l’aise. Dans le cadre d’une étude particulière, les participantes avaient consulté sept médecins avant de recevoir le bon diagnostic. Malheureusement, même avec le bon diagnostic, notre compréhension des causes et des traitements de ces syndromes en est encore aux stades précoces. Nous disposons de quelques médicaments qui offrent souvent un soulagement, mais il est rarement possible de guérir les femmes souffrant de ces problèmes.

Je vous encourage à consulter un autre gynécologue pour obtenir une autre opinion.

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