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Les soins en matière de fertilité

Notre expert invité du mois de mars 2011 était le Dr Ari Y. Baratz , spécialiste de la médecine de la reproduction au centre de fertilité CReATe du Women’s College Hospital.

Privilégiant une approche centrée sur la patiente en matière de fertilité, le Dr Baratz s’intéresse à toutes les techniques de reproduction assistée et à la chirurgie endoscopique (mini-invasive) au service de la reproduction.

En plus d’être un praticien compatissant, le Dr Baratz est un chercheur dévoué, se consacrant principalement à l’éducation médicale et à l’étude de l’infertilité clinique et de l’endocrinologie de la reproduction. Il a présenté ses données lors de plusieurs forums nationaux et internationaux et est membre de la faculté d’obstétrique et de gynécologie de l’University of Toronto.

Voici les réponses à vos questions sur les soins en matière de fertilité.


Q : J’ai 39 ans. J’essaie de tomber enceinte depuis un an. À quel moment suggérez-vous que les gens envisagent un traitement de fertilité ? Est-ce normal d’essayer pendant un an sans succès ?

R : L’âge de la femme et la durée de ses tentatives de conception sont des facteurs de grande importance en ce qui a trait au moment convenable pour consulter un spécialiste en matière de fertilité. De façon générale, on recommande que les femmes de moins de 35 ans attendent un an avant de consulter, alors qu’une période de six mois suffit pour les femmes de 35 à 39 ans. Après 39 ans, la femme peut chercher des conseils après trois mois de tentatives de conception. Pour les couples dont l’historique médical laisse soupçonner un problème d’hypofertilité (p. ex., cycles menstruels irréguliers, chirurgie antérieure, infection pelvienne, traitement contre le cancer), une consultation pourrait avoir lieu plus tôt, peu importe l’âge de la femme.

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Q : Si une cliente a des jumeaux à la suite d’une insémination intrautérine, le résultat est-il attribuable au traitement ?

R : Pas nécessairement. L’insémination intrautérine (IIU) est une méthode qui consiste à insérer un échantillon concentré de sperme directement dans l’utérus. Elle peut être pratiquée durant le cycle menstruel normal, lors duquel la plupart des femmes libèrent un seul ovule; si cela réussit, une grossesse unique peut s’ensuivre. L’IIU peut aussi être associée à un cycle de super-ovulation, lors duquel des médicaments favorisant la fertilité sont susceptibles de provoquer la libération de plus d’un ovule. Celles-là sont les conditions les plus couramment associées à une grossesse multiple (des jumeaux, par exemple). Dans des cas rares, certaines femmes libèrent spontanément plus d’un ovule en l’absence de médicaments ou encore un ovule fécondé se clive en deux (origine des vrais jumeaux). Dans ces cas, il est possible que la naissance de jumeaux soit associée à l’insémination intrautérine, mais celle-ci n’en est pas la cause.

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Q : À quel moment recommandez-vous que les gens essaient la fertilisation in vitro ?

R : La fertilisation in vitro (FIV) est une technique de reproduction assistée qui consiste à provoquer la fécondation de l’ovule par le sperme dans le laboratoire, puis à le réinsérer dans l’utérus sous forme d’embryon, une intervention ayant beaucoup d’applications possibles. La FIV peut être utilisée dans les cas d’infertilité féminine ou masculine ou encore dans les cas où la cause est indéterminée. La FIV peut aussi être utilisée aux fins d’un diagnostic génétique pré-implantation – pour les couples ayant des problèmes génétiques qu’on peut détecter en vérifiant la santé des embryons avant de les remettre dans l’utérus. Bref, l’application de la FIV dépend de la cause de l’infertilité, de l’âge de la femme et des autres traitements tentés sans succès.

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Q : Existe-t-il des traitements pour accroître le compte de spermatozoïdes ?

R : Cela dépend de la gravité, de l’ampleur et de la nature de la déficience au niveau des spermatozoïdes. Une analyse du sperme (évaluation de laboratoire des paramètres du sperme) permet de déterminer le volume de l’éjaculat, la concentration de spermatozoïdes, la motilité (pourcentage de spermatozoïdes qui bougent) et la morphologie (apparence des spermatozoïdes au microscope). Parmi les approches susceptibles d’augmenter le nombre de spermatozoïdes, mentionnons la modification de son mode de vie (arrêt du tabagisme, par exemple), la prise de suppléments de vitamines et des interventions médicales, y compris la chirurgie. Lorsque des facteurs liés à l’homme sont en cause, les traitements peuvent comprendre l’insémination intrautérine ou l’injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde (IICS – technique de laboratoire consistant à injecter un seul spermatozoïde dans un ovule isolé à l’aide d’un microscope). Dans ma pratique, la consultation d’un urologue fait partie de l’approche visant l’augmentation du compte de spermatozoïdes.

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Q : Mon poids a-t-il un impact sur mes possibilités de grossesse ?

R : Oui, en ce qui concerne le poids, n’importe quel extrême peut compromettre les taux de fécondité et provoquer des fausses couches, en plus d’influencer l’aboutissement général de la grossesse. Chez les femmes ayant un très faible poids, les menstruations sont souvent irrégulières ou absentes, ce qui peut rendre la conception plus difficile. Les femmes en surplus de poids courent des risques accrus de défauts ovulatoires, de fausses couches et d’anomalies fœtales. De plus, ces femmes connaissent plus de problèmes durant la grossesse, dont une difficulté à maintenir une glycémie et une tension artérielle saines, un risque accru d’accouchement chirurgical (y compris la césarienne), de blessures fœtales et même de mortinaissance. Dans la mesure du possible, je recommande habituellement l’optimisation de l’IMC (indice de masse corporelle) avant la conception. Cela peut nécessiter l’aide d’une nutritionniste, d’une diététiste ou d’une entraîneure personnelle.

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Q : J’entends souvent dire que les femmes ont beaucoup de difficulté à concevoir après l’âge de 35 ans. Je ne suis pas prête à avoir un bébé, mais je pourrais l’être à l’avenir. Recommandez-vous que les femmes fassent congeler des ovules avant l’âge de 35 ans ?

R : La préservation de la fertilité (« assurance biologique ») devient de plus en plus populaire. Le vieillissement reproductif – c’est-à-dire le déclin de la capacité à concevoir qui se produit avec l’âge – commence à prendre de l’importance dès l’âge de 35 ans. La cryopréservation d’ovocytes (congélation d’œufs) est une option pour les femmes jusqu’à l’âge de 38 ans. L’efficacité de cette technologie dépend de plusieurs facteurs, dont l’âge de la personne, son potentiel de fécondité et ses réserves ovariennes actuelles. Je recommande à toute personne qui se sent préoccupée ou anxieuse par rapport à sa fertilité de consulter un spécialiste à ce sujet afin qu’elle puisse discuter de toutes les options de préservation de la fertilité.

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Q : Existe-t-il des tests pour vérifier la qualité des ovules ? J’ai 37 ans et compte bientôt essayer de concevoir, mais comment saurai-je si j’ai besoin d’un traitement de fertilité ? Existe-t-il un genre de présélection ou dois-je attendre de voir au bout d’un an de tentatives de conception ?

R : Il n’existe pas d’épreuve non invasive pour vérifier la « qualité » des ovocytes (œufs). Il y a cependant plusieurs tests (analyses sanguines et mesures par échographie) qui permettent de déterminer la « quantité » d’ovules dans les ovaires – il s’agit de la « réserve ovarienne ». Les femmes de plus de 35 ans qui se préoccupent de leur fertilité devraient consulter sans tarder (après trois mois de tentatives de conception, pas plus) si elles ont des antécédents d’irrégularités menstruelles ou de chirurgie pelvienne/abdominale, des cas d’hypofertilité dans la famille ou encore si leur partenaire masculin est inquiet. En l’absence de facteurs susceptibles de causer l’infertilité, il est recommandé que toute femme de plus de 35 ans consulte un spécialiste après six mois de tentatives de conception infructueuses. Une consultation préconception est toujours une possibilité pour toute personne (femme ou homme, peu importe l’âge) qui se préoccupe de son potentiel reproductif.

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Q : J’ai 27 ans. J’essaie de tomber enceinte depuis trois ans. Tout ce que je lis à ce propos parle des femmes de plus de 35 ans. Y a-t-il des symptômes qui affectent les femmes plus jeunes dont je devrais être au courant ?

R : En général, les femmes de moins de 35 ans affichent des taux de fertilité élevés. Dans ce groupe d’âge, la plupart des femmes réussissent à concevoir après 12 à 18 mois de tentatives. Puisque vous essayez depuis trois ans, ce serait considéré comme une longue durée d’infertilité pour votre groupe d’âge – et il y a lieu de se poser des questions. Certains symptômes liés à l’infertilité sont assez évidents, par exemple :

  • les cycles menstruels irréguliers sont associés à des défauts ovulatoires;
  • la douleur pelvienne grave ou la douleur lors des rapports sexuels peut être associée à l’endométriose.

Malheureusement, certains facteurs d’infertilité sont complètement asymptomatiques, par exemple :

  • obstruction des trompes de Fallope;
  • très faible compte de spermatozoïdes chez le partenaire masculin.

Je vous recommande vivement de consulter un spécialiste de la fertilité pour subir un examen – vous et votre partenaire – et déterminer si des facteurs d’infertilité masculine ou féminine sont présents.

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Q : J’ai vécu quatre grossesses, dont une réussie (grâce au Sérophène) et trois fausses couches. Lors des deux dernières grossesses, j’ai réussi à tomber enceinte grâce à la metformine, que je prenais pour un cas léger de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). On m’a conseillé d’arrêter de prendre le médicament à la 6e semaine et à la 9e semaine, respectivement, mais j’ai fait des fausses couches de toute façon. J’ai lu que beaucoup de femmes continuent de prendre de la metformine jusqu’à la 12e semaine et certaines pour toute la durée de la grossesse. Quelles sont les dernières nouvelles en ce qui a trait à la prise de la metformine durant la grossesse ? Merci.

R : De nombreux facteurs peuvent contribuer aux fausses couches à répétition – un défaut endocrinien comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) en est un. Il ne fait pas de doute que les agents de sensibilisation à l’insuline (comme la metformine) constituent des traitements d’appoint utiles pour l’induction de l’ovulation ou même les traitements de FIV donnés aux femmes aux ovaires polykystiques. Le rôle de la metformine dans la prévention de la perte de grossesse n’est pas encore concluant. À l’heure actuelle, aucun consensus n’existe quant au moment où on devrait arrêter la prise de metformine durant le premier trimestre. Dans notre pratique, nous arrêtons la metformine vers la huitième ou neuvième semaine du premier trimestre. Des rapports récents laissent croire qu’on peut prendre de la metformine sans danger pendant toute la grossesse, mais cette approche n’a pas favorisé d’amélioration importante des résultats constatés après le premier trimestre.

Dans les cas de « fausses couches secondaires à répétition » (fausses couches qui surviennent à la suite d’une grossesse réussie, comme dans votre cas), je m’interroge toujours sur les autres facteurs qui pourraient être en jeu. Un facteur courant réside dans les fluctuations du poids corporel. De nombreuses femmes aux ovaires polykystiques n’ont pas un poids idéal ou encore le poids qu’elles avaient lors de leur grossesse antérieure. Nous savons que les femmes qui modifient favorablement leur style de vie (alimentation/exercice) améliorent tous les aspects de la fertilité et les aboutissements obstétriques tout en contribuant à la prévention des fausses couches.

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