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La stigmatisation des femmes vivant avec le VIH/sida demeure implacable
le 9
avril
2008
Les femmes vivant avec le VIH en Amérique du Nord font face à une stigmatisation très forte. Voilà ce que révèlent les résultats d’un sondage publiés dernièrement par l’amfAR, la fondation américaine pour la recherche sur le sida.
Les résultats du sondage réalisé par l’amfAR ont été présentés récemment durant une conférence de presse tenue au National Press Club de Washington. La conférence de presse a été suivie d’un panel durant lequel les participants ont partagé des perspectives personnelles et professionnelles concernant la stigmatisation des femmes vivant avec le VIH.
Le sondage a révélé des attitudes négatives répandues à l’égard des femmes séropositives ainsi qu’un haut niveau de malaise dans les interactions avec ces dernières. De nombreux répondants faisaient preuve d’un manque de connaissances au sujet de la transmission du VIH et d’une peur irrationnelle de contracter le virus, ce qui souligne le besoin criant d’accroître les efforts éducatifs visant la prévention.
Soixante-huit pour cent des répondants ont indiqué qu’ils seraient quelque peu ou complètement mal à l’aise d’avoir une dentiste séropositive; 59 pour cent d’entre eux seraient quelque peu ou complètement mal à l’aise de confier la garde de leurs enfants à une femme séropositive et 57 pour cent seraient quelque peu ou complètement mal à l’aise d’avoir une médecin vivant avec le VIH.
Un répondant sur cinq serait quelque peu ou complètement mal à l’aise d’avoir une femme séropositive comme amie proche. Seulement 14 pour cent des répondants étaient d’avis que les femmes séropositives devraient avoir des enfants et ce, malgré le fait qu’il existe actuellement des médicaments pour prévenir la transmission mère-enfant du VIH.
Le sondage a aussi fait la lumière sur les attitudes du public à l’égard du dépistage du VIH. Environ 40 pour cent des répondants étaient certains de ne pas avoir subi de test de dépistage du VIH. Une majorité (80 pour cent) de ces répondants laissaient entendre qu’ils n’avaient pas besoin de passer un test, soit parce qu’ils « savaient » qu’ils n’avaient pas le VIH soit parce qu’ils ne croyaient pas en avoir besoin.
Toutefois, tous les répondants se disaient en faveur de l’expansion des programmes de dépistage, et 65 pour cent d’entre eux appuyaient la proposition d’intégrer le test de dépistage dans les soins de santé de routine.
Cette ouverture à l’égard du dépistage pourrait tenir partiellement à la croyance selon laquelle le dépistage du VIH est réalisé plus fréquemment que ce n’est le cas. En effet, 67 pour cent des répondants croyaient, à tort, qu’ils étaient testés automatiquement pour le VIH chaque fois qu’ils passaient des tests de dépistage des autres infections transmises sexuellement.
Cinquante pour cent des répondants croyaient que les femmes passaient automatiquement un test de dépistage dans le cadre de leurs examens prénatals.
Ce sondage répond à un besoin criant en attirant l’attention du public sur le sort des femmes vivant avec le VIH/sida. Quarante-six pour cent des quelque 15,4 millions de personnes vivant avec le VIH/sida dans le monde sont des femmes ou des filles.
Les femmes continuent de faire face à des inégalités sexuelles et sociales répandues, tant au Canada qu’à l’échelle internationale. Par conséquent, elles ont de la difficulté à réduire leur risque d’infection par le VIH. De plus, les femmes sont plus vulnérables à l’infection que les hommes sur le plan biologique.
« Dans l’esprit de beaucoup de gens [en Amérique du Nord], le sida a cessé d’être une crise », a affirmé la Dre Susan J. Blumenthal, conseillère principale en matière de politiques et de médecine et ancienne sous-secrétaire pour la santé des femmes du US Department of Health and Human Services.
« La complaisance a obscurci le visage changeant de l’épidémie et l’augmentation alarmante du nombre d’infections par le VIH chez les femmes au cours des 25 dernières années », a dit la Dre Blumenthal.
« Ces résultats devraient réveiller tous les secteurs de la société. Nous avons besoin d’intensifier les efforts éducatifs et les politiques fondés sur la science afin de briser le stigmate social qui entoure cette maladie depuis bien trop longtemps. »
Réalisé au nom de l’amfAR par la firme Harris Interactive, ce sondage électronique a interrogé presque 5000 répondants âgés de 18 à 44 ans au sujet des risques du VIH, de l’impact de la violence faite aux femmes et de l’accès des femmes aux soins et à l’information sur la santé, ainsi que sur leurs attitudes à l’égard des femmes séropositives.
« Beaucoup de femmes croient à tort qu’elles ne courent pas de risque de contracter le VIH », a affirmé Marvelyn Brown, une militante du sida œuvrant sur la scène internationale.
« C’est pour ça que nous assistons à une augmentation des nouvelles infections chez les femmes. Même si beaucoup de femmes reconnaissent qu’elles pourraient tomber enceinte à la suite d’un seul acte sexuel non protégé, elles estiment qu’il faudrait faire quelque chose d’extraordinaire pour contracter le VIH, coucher avec n’importe qui ou traîner avec des personnes louches qu’elles ne croiseraient jamais leur petit monde quotidien, croient-elles », a dit Marvelyn Brown.
« Chaque jour, je prends sept pilules qui me donnent mal au cœur. J’ai la nausée, la diarrhée, des vomissements et, pire encore, des sautes d’humeur », a-t-elle dit.
« Pourtant ce n’est pas le pire aspect d’avoir le VIH. C’est la stigmatisation. »
Source : amfAR
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