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Le diabète de type 2 frappe de façon disproportionnée les femmes des Premières nations
le 29
janvier
2010
par Patricia Nicholson
Une nouvelle étude vient de révéler que le diabète de type 2 est beaucoup plus répandu chez les Premières nations que chez le reste de la population, et les gens sont touchés à un âge plus jeune. Les femmes autochtones semblent être particulièrement à risque, l’incidence de la maladie étant 25 pour cent plus élevée chez celles-ci que chez les hommes. De plus, les taux de diabète sont étonnamment élevés chez les femmes âgées de 20 à 49 ans.
Des chercheurs de la Saskatchewan ont examiné la prévalence du diabète dans cette province entre 1980 et 2005. Ils ont revu les dossiers de santé provinciaux afin de recenser des cas de diabète de type 2 chez la population de la province (environ un million durant la période à l’étude). Ils ont ensuite réparti les résultats selon l’appartenance aux Premières nations, soit 8 275 cas chez les Premières nations et 82 306 cas chez des personnes d’origine non autochtone.
L’incidence du diabète était quatre fois plus élevée chez les femmes des Premières nations que chez les femmes du reste de la population. Chez les hommes, les Premières nations affichaient une incidence 2,5 fois plus élevée que le reste de la population.
La prévalence du diabète a plus que doublé chez les deux sexes au cours des 25 ans de l’étude, tant chez les Premières nations que chez le reste de la population. Dans le cas des Premières nations, les taux de diabète sont passés de 9,5 pour cent à 20,3 pour cent chez les femmes et de 4,9 pour cent à 16 pour cent chez les hommes. Dans le reste de la population, les taux de diabète sont passés de 2 pour cent à 5,5 pour cent chez les femmes et de 2 pour cent à 6,2 pour cent chez les hommes.
Non seulement le diabète était considérablement plus répandu chez les Premières nations, mais les personnes atteintes étaient touchées à un âge plus jeune, comparativement au reste de la population. Dans le cas des Premières nations, le nombre de nouveaux diagnostics a atteint un sommet chez les personnes de 40 à 49 ans, alors que la plupart des diagnostics dans le reste de la population concernaient des personnes âgées de 70 ans et plus.
Chez les Premières nations, la différence entre les femmes et les hommes était principalement attribuable au taux élevé de diabète chez les femmes âgées de 20 à 49 ans. Parmi les facteurs susceptibles d’avoir contribué à cette différence entre les sexes, mentionnons un taux élevé d’obésité et d’embonpoint chez les femmes autochtones, ainsi qu’un taux élevé de diabète gestationnel. Rappelons que l’obésité est un facteur de risque de diabète gestationnel et que celui-ci fait augmenter le risque de diabète de type 2. Le diabète gestationnel peut également accroître le risque que le bébé soit frappé par le diabète de type 2 plus tard dans la vie.
Ces résultats montrent que l’épidémie du diabète évolue de manière bien différente chez les Premières nations, comparativement au reste de la population. Les auteurs de l’étude recommandent que les programmes de dépistage et de prévention visent les enfants et les jeunes adultes des Premières nations. De plus, vu que la maladie se déclare plus tôt chez les Premières nations, il est possible que le diabète de type 2 évolue de manière différente et provoque des complications différentes chez cette population.
Cette étude a été publiée le 18 janvier 2010 dans la version électronique du CMAJ.
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