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Plantes médicinales et les ordonnances: à discuter d’abord avec votre pharmacien (article de Femmes en santé)
(Ressource Web; Ressource FES)
Auteur : Poonam Khanna
Organisme : Women's College Hospital, Femmes en santé

Si vous prenez des remèdes à base de plantes médicinales, n’oubliez pas d’aviser vos fournisseurs de soins - surtout s’ils vous prescrivent des médicaments, insiste la Dre Heather Boon de l’University of Toronto.

Les plantes médicinales pourraient interagir avec les médicaments que votre médecin vous prescrit, donc il est essentiel que vous lui disiez ce que vous prenez, a affirmé la Dre Boon, professeure associée à la Leslie Dan Faculty of Pharmacy de l’université.

Une rose n’est pas toujours une rose

Alors que personne ne permettrait à son enfant de manger les baies qu’il trouve sur un buisson inconnu de peur qu’elles soient toxiques, nous prenons rarement les mêmes précautions quand il s’agit des plantes médicinales.

Comme les produits se vendent en bouteille, les gens croient qu’ils sont sans danger. C’est vrai pour beaucoup de remèdes à base de plantes médicinales, mais pas tous, a souligné la Dre Boon lors d’une présentation donnée dans le cadre du Women’s Health Matters Forum & Expo 2008 à Toronto.

Il reste que les patients hésitent souvent à discuter des plantes médicinales avec leur médecin, soit parce que la question ne se pose pas, soit parce qu’ils ont peur de se heurter au mépris de leur médecin. De toute façon, aux yeux de certains patients, les plantes médicinales ne sont pas des médicaments, et d’autres estiment que leur médecin ne doit pas savoir grand-chose sur la question.

Il est certain que les professionnels de la santé devraient toujours interroger leurs patients au sujet des plantes médicinales, mais ce sont en fin de compte votre santé et votre corps qui sont en jeu, donc il vous incombe d’aviser vos fournisseurs de soins des remèdes à base de plantes médicinales que vous utilisez.

Échinacée

L’échinacée, ou rudbeckie pourpre, est l’un des remèdes à base de plantes médicinales les plus utilisés. Il en existe trois types sur le marché canadien : echinacea angustifolia, echinacea pallida et echinacea purpurea. Il n’y a pas de preuves scientifiques qui permettent de déclarer la supériorité d’une sorte sur les autres, et plusieurs produits en contiennent une combinaison.

On ne sait toujours pas de quelle façon l’échinacée agit, mais on croit qu’elle augmente le nombre de cellules dans le système immunitaire. Elle n’agit pas comme un antibiotique, toutefois.

La Cochrane Collaboration, une organisation internationale sans but lucratif qui fournit de l’information sur les effets des soins de santé, a passé en revue 16 études à double insu sur l’échinacée.

Neuf études sur 16 ont trouvé que l’échinacée était efficace, une d’entre elles n’a permis de constater qu’une amélioration légère et six autres n’ont détecté aucune différence. Le problème réside partiellement dans le fait que ces études évaluaient des produits différents qui utilisaient différentes espèces et parties de la fleur.

Même si elle doute personnellement de l’efficacité de l’échinacée, la Dre Boon recommande aux personnes qui veulent s’en servir d’acheter un produit normalisé dont les ingrédients actifs sont l’acide cichorique et les polysaccharides.

L’échinacée n’est pas destinée à un usage prolongé, et on ne devrait pas en prendre pendant plus d’un mois. Même si ce n’est pas une contre-indication absolue, la Dre Boon déconseille la prise de l’échinacée à toute personne souffrant d’une dysfonction immunitaire parce que son mode d’action n’est pas encore compris.

Cimicaire à grappes

Le cimicaire à grappes est un autre remède à base de plantes médicinales populaire qui est utilisé pour alléger les symptômes de la ménopause. La Cochrane Collaboration a examiné 19 études cliniques mais n’en a trouvé que quatre qui ont été bien réalisées, dont seulement deux à simple insu (les sujets ne savaient pas s’ils recevaient le vrai produit ou un placebo).

Trois des essais ont permis de constater des résultats positifs mais, dans l’ensemble, il n’y a pas de preuves des bienfaits du cimicaire à grappes, a dit la Dre Boon. Les femmes atteintes de tumeurs positives aux récepteurs d’estrogène, ainsi que les femmes enceintes ou qui allaitent, ne devraient pas en prendre.

Le cimicaire à grappes à un effet additif semblable à celui de l’estrogène, donc les femmes déjà en hormonothérapie n’auraient pas intérêt à en prendre.

Ginkgo

Le ginkgo est dérivé de l’arbre le plus ancien de la Terre, mais aucune preuve scientifique ne permet de croire qu’il prolonge la vie. La Dre Boon recommande les produits normalisés à environ 20 pour cent des ingrédients actifs, à savoir les glycosides de flavone de ginkgo et les terpénoïdes.

Bien que le ginkgo soit reconnu principalement comme une arme contre les déficiences cognitives telles que la démence et la maladie d’Alzheimer, il existe en fait davantage de preuves à l’appui de ses effets favorables sur la circulation vasculaire.

Le ginkgo s’est montré utile chez des personnes atteintes de problèmes de circulation. Selon une étude, le ginkgo aurait exercé un certain effet après 12 semaines, mais pas après 24 semaines. Autrement dit, cette étude lui a découvert des effets à court terme.

Puisque le sang est moins enclin à coaguler sous l’effet du ginkgo, les personnes recevant des anticoagulants devraient l’éviter. Le ginkgo est également déconseillé aux personnes recevant l’inhibiteur calcique nifédipine.

Trèfle des prés

À l’instar du cimicaire à grappes, le trèfle des prés (également appelé trèfle violet ou trèfle rouge) est utilisé pour le traitement des symptômes de la ménopause. Les études sur son efficacité ont été mal faites, donc il n’y a pas de preuves scientifiques de son efficacité, a expliqué la Dre Boon. La plante n’est pas nécessairement inefficace pour autant, cependant, et les femmes qui en prennent affirment qu’elle les aide. Le trèfle des prés est à éviter si vous prenez de l’estrogène.

Millepertuis commun

Le millepertuis est un autre remède à base de plantes médicinales populaire qui est utilisé pour le traitement des cas légers ou modérés de dépression. Il semble que le millepertuis agisse comme un inhibiteur sélectif du recaptage de la sérotonine (ISRS). Lors de 37 essais passés en revue par la Cochrane Collaboration, le millepertuis s’est montré plus efficace qu’un placebo, mais la plante était inutile contre les dépressions sévères.

Le millepertuis a également provoqué moins d’effets indésirables que les médicaments antidépresseurs conventionnels. Il n’empêche que des cas de malaise gastrique, de réactions cutanées, de fatigue, d’agitation et d’anxiété ont été signalés. Le millepertuis pourrait exacerber les symptômes indésirables lorsqu’on le prend en association avec des médicaments antidépresseurs.

Ail

L’ail est utilisé par les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires pour réduire leur taux de cholestérol et leur tension artérielle. Certaines preuves portent à croire que l’ail est efficace à cet égard, a dit la Dre Boon.

On a également montré que l’incidence des cancers de l’estomac et du côlon était moins élevée chez les personnes qui mangeaient beaucoup d’ail. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il suffit d’en manger pour éviter ces cancers.

L’ail peut causer des saignements post-opératoires, donc il est déconseillé aux personnes qui s’apprêtent à subir une chirurgie. Les femmes enceintes ou qui allaitent devraient également faire preuve de prudence à l’égard de l’ail. Les études sur l’ail inodore indiquent que ce dernier a le même effet que l’ail normal.

Ginseng

Le ginseng est la dernière plante médicinale populaire dont la Dre Boon a parlé. Selon cette dernière, il existe plusieurs variétés de ginseng. Les variétés asiatique et américaine sont utilisées pour améliorer la concentration et la performance mentale. Les études sur le ginseng n’ont pas été réalisées convenablement, et certaines ont même donné des résultats négatifs, a précisé l’oratrice.

Note de la rédaction :
Écrit par Poonam Khanna, une rédactrice pigiste torontoise se spécialisant dans les questions relatives aux sciences, à la santé et à la technologie. Compte rendu d’une session tenue dans le cadre du Women’s Health Matters Forum & Expo 2008.

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Objectif :  Information/soutien aux consommatrices; Information sur la santé

Source de l'information :  Hôpital/Clinique

Origine géographique :  Canada

Langue de la ressource :  Français

Dernière révision par Femmes en santé :  13 juin 2008


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