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Santé de A à Z

 

Milieu de travail sans parfums, ça marche
(article de Femmes en santé)

(Ressource Web; Ressource FES)
Auteur : Patricia Nicholson
Organisme : Women's College Hospital, Femmes en santé

Un nombre croissant de milieux de travail – en particulier dans le domaine des soins de santé – adopte une politique pour éliminer ou réduire l’effet des produits parfumés en milieu de travail. Ainsi, on demande au personnel et aux visiteurs de ne pas mettre de parfums, fragrances ou produits parfumés au travail. Utiliser moins de produits parfumés non seulement améliore la qualité de l’air à l’intérieur, mais aussi réduit sensiblement les réactions indésirables aux parfums et produits parfumés.

« Environ un tiers de la population canadienne est sensible aux fragrances, et le problème devient plus courant », déclare Nancy Bradshaw, coordonnatrice du service de sensibilisation communautaire de la clinique de santé au travail (Environmental Health Clinic) de Women’s College Hospital à Toronto.

« Mais les gens ne comprennent pas parfois qu’il s’agit d’une question de santé et de sécurité, et non d’une question de préférence. On ne dit pas qu’on n’aime pas le parfum que vous portez aujourd’hui. »

Les symptômes découlant d’une exposition aux fragrances vont des effets légers tels que les larmoiements, jusqu’aux réactions graves comme les chocs anaphylactiques. Les symptômes habituels liés à l’exposition aux produits parfumés comprennent les suivants :

• irritation;
• sinusite;
• larmoiements;
• symptômes d’asthme ou symptômes similaires, tels que la toux, la respiration sifflante et l’essoufflement;
• fatigue;
• maux de tête;
• vertige;
• problèmes de concentration;
• étourdissement ou confusion.

L’exposition aux fragrances peut également provoquer des affections telles que l’asthme ou les migraines. Des symptômes tels que les étourdissements ou les maux de tête indiquent habituellement une sensibilité à une neurotoxine – un produit chimique dans le produit parfumé – qui touche le système nerveux.

« Pour l’essentiel, on considère les fragrances comme l’agent polluant de l’air à l’intérieur le plus marqué après la fumée de tabac parce que nous pouvons sentir l’odeur », a déclaré Nancy Bradshaw lors d’une présentation sur la santé et la sécurité au Women’s College Hospital le 21 mai 2009. L’hôpital possède une politique de milieu de travail « sans parfums » pour la santé et la sécurité des patients, du personnel, des visiteurs et des bénévoles, et pour l’amélioration de l’environnement au travail.

« C’est cela qui en fait un objectif d’amélioration de la qualité de l’air dans de nombreux lieux de travail. »

Pour un milieu de travail sans parfums

Nancy Bradshaw a fait remarquer que nous passons environ de 80 à 90 pour cent de notre temps à l’intérieur, et que l’air y est souvent plus pollué qu’à l’extérieur. Les facteurs vont de la moisissure à la poussière, de la poudre d’encre aux solvants, sans oublier les gaz qui se dégagent des tapis et des meubles et qui peuvent contribuer à une mauvaise qualité de l’air à l’intérieur.

Il est plus facile de demander aux gens de ne pas mettre de parfum, d’eau de Cologne et de produits parfumés que de remplacer les systèmes de ventilation ou d’enlever les tapis et les meubles rembourrés qui peuvent abriter de la poussière ou des résidus chimiques.

« L’élimination des fragrances purifie déjà l’air dans le lieu de travail », ajoute Nancy Bradshaw.

Les produits de nettoyage, la peinture, les marqueurs, la colle et les solvants peuvent tous contenir des fragrances fabriquées. Mais la plus grande source de fragrances au travail, ce sont les gens – ou plutôt les parfums, eaux de Cologne, produits cosmétiques parfumés, lotions pour la peau et produits pour les cheveux que l’on porte et utilise.

Pour un milieu sans parfums, voici certains produits à éviter :

• parfums;
• eaux de Cologne;
• lotions après-rasage parfumées;
• fixatifs, mousses coiffantes, gels parfumés;
• crèmes et lotions parfumées;
• désodorisants parfumés;
• produits assouplissants.

Voici des solutions de rechange sans parfums :

• chercher des produits étiquetés sans parfums;
• lire les étiquettes, et éviter les produits ayant des fragrances dans la liste des ingrédients;
• essayer différents produits pour déterminer celui qui convient;
• commencer par les solutions sans parfums les plus accessibles et les moins chers;
• essayer des versions sans parfums du genre de produits que l’on aime.

Qu’y a-t-il dans un parfum?

Nancy Bradshaw a souligné que les parfums sont beaucoup plus complexes que l’on pourrait le croire.

« Il existe 4 000 ingrédients différents qui sont utilisés pour produire les différents types de parfums, et jusqu’à 500 ingrédients peuvent être utilisés juste pour un parfum », a-t-elle expliqué. « Il y a donc beaucoup de produits chimiques différents qui sont mélangés. »

Pour la plupart des parfums, on commence avec une huile, à laquelle on ajoute différents produits chimiques pour créer des fragrances différentes, a expliqué Nancy Bradshaw. On utilise également des fixatifs pour que la senteur reste plus longtemps.

De 80 à 90 pour cent des ingrédients des fragrances d’aujourd’hui sont des produits synthétiques développés au cours des 65 dernières années. Dans un mélange d’à peu près 500 produits chimiques, il est impossible de déterminer lesquels causent des réactions.

Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de développer des effets au niveau de la santé par l’exposition aux fragrances, a déclaré Nancy Bradshaw. C’est parce que les femmes peuvent être plus exposées que les hommes, en partie parce qu’elles portent des parfums et des produits parfumés, mais aussi, parce qu’elles font plus de ménage, elles sont plus exposées aux produits chimiques parfumés. C’est aussi parce que les femmes sont en général plus petites que les hommes, et ont un ratio graisse/muscle plus élevé.

« Certains produits chimiques contenus dans les fragrances sont captés dans les cellules adipeuses, ce qui fait que les femmes conservent ces produits chimiques plus longtemps », a-t-elle ajouté. « Plus on est petit, et plus on élimine ces éléments toxiques lentement. »

La taille est un facteur encore plus important chez les enfants, qui sont plus sensibles que les adultes non seulement aux fragrances, mais à tout agent de pollution environnementale.

Toute une gamme de réactions

Beaucoup de personnes n’ont aucune réaction visible aux fragrances, ajoute Nancy Bradshaw qui considère qu’elle fait partie de ce groupe. Ensuite, il y a de nombreuses personnes – environ 30 pour cent de la population – qui ont un certain degré de sensibilité à cet égard. À l’autre extrême, environ 2,4 pour cent de la population a ce que l’on appelle une sensibilité chimique multiple (MCS). Cet état est 2,5 fois plus courant chez les femmes que chez les hommes. Les personnes atteintes de MCS ont une hypersensibilité aux fragrances, et peuvent avoir une réaction juste parce qu’elles se trouvent dans une grande salle où une autre personne a mis un désodorisant parfumé, par exemple.

À cause de cette vaste gamme de réactions, il peut être plus difficile de faire comprendre l’importance des politiques pour un milieu de travail sans parfums, a déclaré Nancy Bradshaw, qui ajoute que c’est le grand groupe au milieu – les 30 pour cent des gens qui ont un certain degré de réactions – qui constitue le principal groupe cible visé par les politiques pour un milieu de travail sans parfums.

« Parfois, on pense que c’est seulement un petit nombre de gens qui ont des réactions aux fragrances, et on se demande pourquoi faire tout cela ? Nous parlons vraiment d’un grand groupe », a-t-elle ajouté. « Des études ont montré que le taux d’absentéisme est réduit et la productivité augmente une fois que les politiques pour un milieu sans parfums sont mises en œuvre. »

Selon elle, de plus en plus de milieux de travail vont adopter ces politiques dans les quelques prochaines années. En fait, elle pense que les milieux de travail sans parfums deviendront aussi communs que les milieux sans fumée. La réaction la plus grave – sensibilité chimique multiple (MCS) – est considérée comme une incapacité selon la loi sur les droits de la personne; donc il y a une exigence juridique pour des adaptations à l’égard des personnes atteintes de sensibilité chimique multiple au travail, a expliqué Nancy Bradshaw.

Mais les politiques d’un milieu sans parfums ne sont parfois pas toujours comprises, et des problèmes surgissent lorsque des gens les adoptent personnellement et ne comprennent pas qu’il s’agit d’un problème de santé.

« Nous voulons rendre le milieu de travail aussi agréable et productif que possible », a déclaré Nancy Bradshaw. Si on a un tiers du personnel qui risque d’avoir des réactions à des fragrances que nous pouvons supprimer de façon relativement simple pour la qualité de l’air au travail, on a là un moyen facile d’aider à régler certains de ces problèmes. »

English version:  Click here for English description

Objectif :  Information/soutien aux consommatrices; Information sur la santé

Source de l'information :  Hôpital/Clinique

Origine géographique :  Canada

Langue de la ressource :  Français

Dernière révision par Femmes en santé :  10 août 2009


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